« Le dossier calédonien risque d’être placé dans un tiroir »

Mercredi, lors d’une conférence de presse organisée à Dumbéa Rivière, le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) a fait différentes demandes à l’Etat, dans une période marquée par la démission du gouvernement de Gabriel Attal.

Si la Calédonie est plongée dans le chaos depuis plus de deux mois maintenant, et la fatidique date du 13 mai dernier, la situation politique française n’arrange rien. Après la dissolution de l’Assemblée nationale et l’organisation des élections législatives anticipées, qui ont vu sur le territoire la victoire de Nicolas Metzdorf et d’Emmanuel Tjibaou, le flou persiste. Ainsi, mercredi, Emmanuel Macron a accepté la démission du gouvernement de Gabriel Attal. « A présent, sans majorité clairement définie et d’interlocuteur identifié, le dossier calédonien risque d’être placé dans un tiroir en attendant des jours meilleurs », regrette le FLNKS, appelant le président de la République à « nommer son premier ministre rapidement ». Celui-ci, toujours selon le Front, devra être « désigné en qualité d’interlocuteur privilégié ». L’incandescent dossier calédonien avait, en effet, l’habitude d’être traité dans les allées de Matignon avant que Sébastien Lecornu puis Gérald Darmanin, respectivement ministre des Outre-mer et ministre de l’Intérieur, ne récupèrent cette tâche à partir de 2020. « Le prochain gouvernement devra se saisir du dossier calédonien et établir toute la vérité sur nos prisonniers politiques, sur les arrestations, sur les interpellations injustes, sur les assassinats de nos enfants et concernant les vices de procédure judiciaire », ont poursuivi les partis indépendantistes, à travers la voix de Laurie Humuni, la secrétaire générale du Rassemblement démocratique océanien (RDO).

Pourtant, la nomination d’un nouveau gouvernement central devrait prendre plusieurs semaines alors qu’aucun changement ne devrait avoir lieu avant la fin des Jeux olympiques. « Cela nous laisse un peu de temps entre nous pour échanger et se positionner sur la suite, cela permet à notre député de prendre ses marques. Il ne faut pas que cela nous inquiète, il faut utiliser ce temps efficacement pour définir une stratégie qui nous convienne et qui nous permettra d’attendre notre objectif », assure Laurie Humuni, qui défend, sans surprise, « une Kanaky indépendante » et « un pays un et indivisible » (lire notre édition du 18 juillet).

Une mission de dialogue

Parmi les autres demandes, outre les volontés de voir les troupes de sécurité intérieure quitter le territoire pour permettre une désescalade et de voir les différents leaders de la CCAT être relâchés, le Front appelle également la venue d’une « mission de dialogue ». Celle-ci devra être de « composition politique neutre et de niveau international » alors que « la situation de notre pays intéresse l’ensemble de nos soutiens à l’ONU » notamment. Car, selon elle, « la solution ne sera que politique. Il n’y a qu’un acte politique qui permettra de sortir de cette situation de crise ». Et ainsi « construire un pays avec tout le monde ». Après deux mois d’exactions commises par la CCAT, cela est-il réellement possible ? « Il faut avoir confiance dans cet avenir et surtout avoir confiance en nous », conclut celle qui était suppléante d’Omayra Naisseline lors des dernières élections législatives.

Claire Gaveau

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