La mise sous tutelle du gouvernement demandée

Dans un courrier adressé au chef de l’État, le Rassemblement et les Loyalistes demandent une aide financière conséquente et la mise sous tutelle du gouvernement.

La mise sous tutelle, on en parle en effet de plus en plus. C’est la FINC, la Fédération des industries de Nouvelle-Calédonie qui, la première, avait émis l’idée au vu de la situation économique et sociale du territoire. Les politiques non-indépendantistes semblent aujourd’hui lui emboîter le pas. Dans ce courrier, les deux partis soulignent tout d’abord que « le rétablissement de l’ordre sur le territoire calédonien demeure la priorité numéro un », saluant l’action de la justice et des forces de l’ordre. « Cependant, poursuivent-ils, cette crise dépasse désormais largement les enjeux liés au maintien de l’ordre. La Nouvelle-Calédonie se trouve dans une situation de faillite économique et financière dont les conséquences sociales sont d’une ampleur totalement inédite. »

Des dégâts aux coûts astronomiques

« L’ampleur de l’enjeu financier pour notre territoire est vertigineuse », précisent Rassemblement et Loyalistes qui, dans cette lettre à Emmanuel Macron, chiffrent les dégâts et les conséquences des violences de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT). Selon eux, le coût véridique du financement du chômage partiel s’élèverait à 30 milliards de francs, équivalent aux pertes fiscales enregistrées depuis le 13 mai. Dans le même temps, le trou du RUAMM s’est agrandi pour atteindre les 42 milliards de francs et le déficit d’Enercal tourne autour des 36 milliards. « Sans même parler de la reconstruction, dit le communiqué, des pans entiers de notre économie qui ont été réduits en cendres par l’action de terroristes de la CCAT, la survie de la Nouvelle-Calédonie est conditionnée, dans l’immédiat, à un soutien résolu de l’État de près d’1,3 milliard d’euros (156 milliards de francs, NDLR) ». Face à cette situation de crise, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a vu en effet ses moyens d’action réduits à la portion congrue, et ses moyens d’intervention financière réduits à néant. C’est ce qui conduit Rassemblement et Loyalistes à assurer que « l’administration directe de l’État n’est donc plus une option mais une absolue nécessité pour répondre à la catastrophe économique et sociale qui s’abat sur la Nouvelle-Calédonie ».


Et la CAFAT ?

La CAFAT est-elle en mesure de faire face ? La question fait que ces derniers jours, des demandes de mise sous tutelle de la Caisse ont également circulé, entraînant un démenti du président du conseil d’administration. « Bien que l’État soit effectivement aujourd’hui le seul à pouvoir nous fournir l’aide nécessaire au financement de nos régimes, écrit-il, une telle mesure n’a jamais été envisagée et sollicitée. Notre priorité demeure de servir au mieux nos clients et de collaborer étroitement avec nos partenaires pour garantir l’efficacité de nos services, au mieux des intérêts de la Nouvelle-Calédonie. »


Nicolas Vignoles

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