Cette 48ème foire de Bourail a été organisée dans un contexte politique et social très particulier. D’abord, c’est la 1ère qui s’est tenue en brousse, à son emplacement d’origine, depuis les émeutes de la CCAT, elle s’inscrit dans une logique de reconstruction et de relance. Ensuite, c’est le 1er grand évènement calédonien organisé depuis les provinciales, la constitution d’une nouvelle majorité politique, un pacte de gouvernance et la recherche de stabilité et de confiance. C’est peut-être pour ça que sur certaines pages Facebook indépendantistes on a pu lire certaines publications critiquant cette foire comme n’étant pas un « évènement kanak », mais relevant du « colonial » ! A Bourail durant ces trois jours, il y a eu une communion autour du travail, de la production et des savoir-faire, ainsi qu’une satisfaction audible et sensible de se retrouver et de partager un moment et des valeurs. A ce titre en effet la foire de Bourail est emblématique, c’est pour cela que certains à Bourail ont voulu sinon la détruire, tout du moins se l’approprier. Ils ont échoué et échoueront toujours parce que la foire de Bourail, qui appartient désormais à notre patrimoine, est emblématique de l’identité calédonienne, n’en déplaise à ceux qui voudraient imposer aux Calédoniens une autre grille de lecture culturelle et identitaire.
Lucien Lacombe

