La Foire de Bourail revient ce week-end, du 14 au 16 août, à l’hippodrome de Téné. Une 48e édition particulière, préparée dans des conditions difficiles après l’incendie des locaux du comité en janvier.
Cette année, parvenir jusqu’au week-end de la Foire constituait déjà un défi. Début janvier, l’incendie des locaux à Téné a privé l’organisation d’une partie importante de ses moyens. « Nous avons perdu nos outils administratifs, le matériel électrique, nos archives… On a dû faire vite, sans moyens. C’était compliqué, car nous sommes repartis de zéro », raconte Levay Roy.
Le président de l’association retient cependant la mobilisation qui a suivi. « Il ne nous restait que notre expérience et nos partenaires, privés comme publics. Nous avons reçu un soutien incroyable. » Une reconstruction qui ne devrait pas perturber les visiteurs : « le public ne le verra pas ; il y aura des chants locaux, un bougnat solidaire… Des choses simples, mais qui font sourire les gens. »
Pour Levay Roy, deux mots résument cette édition : solidarité et résilience. « Le lien entre les gens est ce qu’il y a de plus important à conserver », explique-t-il.
Plus de 20 000 visiteurs attendus
Parmi les changements de cette 48e édition, les amateurs de sports mécaniques devront patienter. Pas de motocross cette année : des travaux sont en cours sur cette partie du site, avec l’objectif d’y aménager à terme un véritable pôle mécanique et de développer de nouvelles animations lors des prochaines éditions. À l’inverse, une compétition fait son retour : le concours de bûcheronnage.
Côté fréquentation, le président préfère rester prudent. « Il faut avoir conscience du contexte », souligne-t-il. Avec une météo favorable, il prévoit d’accueillir « 20 000 ou 22 000 personnes », tout en rappelant, sourire aux lèvres, que l’an dernier, « il pleuvait et on était plus nombreux ».

Une dernière comme président
Cette Foire aura une saveur particulière pour Levay Roy. Président depuis 2023, il quittera ses fonctions après cette édition, à la suite de son élection à la province Sud et au Congrès.
« J’ai désormais de nouvelles responsabilités. Et puis, on ne peut pas monopoliser la place : ce serait la Foire qui serait perdante », estime-t-il. Il a toutefois souhaité rester jusqu’à cette 48e édition afin d’en assurer l’organisation. « Mon travail sert aussi à préparer la suite. L’enjeu est important : on doit continuer à se rassembler, sans notion de couleur, et c’est ce que permet la Foire. »
« La foire est éternelle »
« Pour ceux qui n’ont pu se déplacer, aucune inquiétude, la foire est éternelle. » La formule, prononcée l’an dernier par Nicolas Metzdorf, résume la place particulière qu’occupe l’événement.
Car si personne ne sait de quoi l’avenir sera fait, une chose est acquise : la Foire de Bourail reste l’un des rendez-vous les plus emblématiques du territoire. L’an dernier, malgré la polémique qui avait émaillé l’événement et la pluie, 24 000 personnes avaient arpenté le champ de foire. Un niveau proche des grandes éditions. Après une année d’absence, la manifestation avait été annulée en 2024 en raison des événements qui avaient secoué le territoire, le public avait répondu présent.
Car la Foire de Bourail est un symbole : celui de la rencontre entre la ville et la brousse, de l’échange, du partage et du rassemblement. Et dès ce vendredi, Téné s’apprête une nouvelle fois à en être le théâtre.
Légende photo : Levay Roy présidera ce week-end sa dernière Foire de Bourail. ©Facebook Foire de Bourail
I.L.R. et C.G.

