SLN : la situation se débloque

Un accord avec les rouleurs, notamment, a été acté hier. Le travail doit pouvoir reprendre normalement aujourd’hui sur les sites miniers de la Société Le Nickel.

Depuis plusieurs jours, le site minier SLN de Thio est bloqué (lire notre édition de jeudi) par un collectif qui réclame la réfection de deux roues provinciales. Si une première tranche de travaux a déjà été réalisé, la seconde était programmée pour l’an prochain pour des raisons budgétaires. Le collectif réclame que ces travaux aient lieu dès cette année, sans tarder. Les rouleurs, en particulier du Contrakmines, ont apporté leur soutien au collectif en mobilisant des camions toute la journée d’hier à Boulouparis. Une réunion a eu lieu en présence d’autorités et, apparemment, un accord a été trouvé pour que les rouleurs reprennent le travail minier (hormis à Kouaoua, où il existe un problème spécifique).

Baisse de puissance

Il fallait agir vite, a rappelé hier matin, sur RRB, le directeur général (encore pour un mois) de la SLN, Jérôme Fabre. « On commence (…) à manquer de minerai, donc on a un stress et il faut absolument que les mines redémarrent », expliquait-il.

« Nos mines en province Nord ont été arrêtées dix-sept jours », calcule le dirigeant. Concernant la province Sud, « à Thio, la mine est bloquée depuis le 2 avril, donc c’est quand même assez monstrueux ». Résultat : à l’usine de transformation et de production, à Nouméa (Doniambo), « on commence à manquer de minerai, en tout cas on a cette inquiétude », alors « on prend des mesures conservatoires ». Ainsi, « on a décidé de baisser la puissance (…) des fours : on tourne aujourd’hui à 105 mégawatts en moyenne » au lieu de « 140 mégawatts » pour un « fonctionnement normal », donc « on essaie d’économiser le minerai mais ça nous fait perdre encore plus d’argent ».

« Des pertes énormes »

Au bout du compte, ce sont « des pertes énormes, elles sont estimées entre 1 à 2 milliards de francs », cela « plus l’argent qu’on a dû sortir, décaisser, pour les garanties financières, aux alentours de 4,3 milliards ». In fine, « ça fait beaucoup d’argent, qui pèse sur notre trésorerie, ça ne nous arrange pas » et par conséquent « cela, potentiellement, obère notre capacité à investir dans notre outil industriel ». Reprendre le roulage est une obligation, « il en va de l’intégrité des fours de la SLN », insistait Jérome Fabre au micro d’Elizabeth Nouar.

Anthony Fillet et Nicolas Vignoles

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