Un détenu de 20 ans incarcéré au Camp-Est et ses deux parents ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Nouméa pour avoir introduit près de 38 grammes d’herbe de cannabis lors de deux parloirs, en octobre dernier.
Ils voulaient éviter qu’il prenne « des cachetons ». Le 22 octobre dernier, les surveillants du Camp-Est signalent au commissariat qu’un père de famille, venu rendre visite à son fils détenu, lui a remis 37 grammes de cannabis lors d’un parloir. Le quadragénaire est immédiatement placé en garde à vue. Originaire de la tribu de Saint-Louis, il est un fumeur d’habitude. Les enquêteurs ont également découvert que, quelques semaines auparavant, les gendarmes avaient trouvé plusieurs dizaines de plants de cannabis dans un champ situé à proximité de son domicile. Une semaine plus tard, le personnel pénitentiaire sollicite à nouveau les forces de l’ordre. Cette fois, c’est la mère du détenu qui est soupçonnée d’avoir remis un gramme de cannabis à son fils lors d’un parloir.
« Il pète un câble là-bas »
À l’audience, devant le tribunal correctionnel de Nouméa, les deux parents expliquent qu’ils ont voulu éviter que leur fils ne prenne des antidépresseurs en détention. « Il ne se sentait pas bien en prison », affirme l’un d’eux. Le président leur rappelle toutefois que « le cannabis est interdit par la loi. Ce n’est pas un substitut médical aux yeux de la loi ». « Il pète un câble là-bas pour dormir. Je préfère qu’il fume plutôt qu’il prenne des cachets », poursuit le père. Condamné à cinq ans d’emprisonnement en décembre 2024 pour des faits de violence, leur fils, également poursuivi dans cette affaire, reste silencieux tout au long de l’audience. La procureure, Delphine Rixens, dénonce une pratique « trop courante » au Camp-Est. « Il faut sanctionner ceux qui font passer des stupéfiants pendant les parloirs, faute de quoi nous ne pourrons pas mettre fin à ce fléau », assure la représentante du ministère public. Elle invite également le tribunal à ne « pas laisser les familles alimenter leurs proches en cannabis derrière les murs du Camp-Est ». À l’issue de l’audience, le tribunal correctionnel condamne le père et son fils à quatre mois d’emprisonnement ferme. La mère écope, pour sa part, d’une amende de 10 000 francs.
Légende photo : L’introduction de stupéfiants est une pratique courante au Camp-Est, selon la procureure.
Jean-Alexis Gallien-Lamarche

