Olé Chips entre dans sa dernière ligne droite

Au dock 45 de la ZAC Panda, à Dumbéa, les premiers sachets d’Olé Chips devraient sortir de l’usine dès le mois de septembre. Derrière ce projet à 350 millions de francs porté par Mathieu et Walid Odaimy : l’ambition de créer une véritable filière locale autour de la pomme de terre calédonienne. Un pari industriel lancé avant les émeutes de 2024 et maintenu malgré la crise économique.

Les machines sont actuellement en cours d’acheminement vers la Nouvelle-Calédonie tandis que le chantier touche à sa fin. D’ici quelques semaines, les premiers tests de production devraient débuter avant l’arrivée des premiers paquets en magasin, attendus entre septembre et octobre. Pour Mathieu Odaimy, ce projet représente bien plus qu’une simple nouvelle marque de snack. Avec son frère Walid, à la tête d’un groupe familial présent dans plusieurs secteurs d’activité, l’entrepreneur calédonien veut démontrer qu’il est encore possible d’investir dans l’industrie locale malgré un contexte économique encore fragilisé.

Une idée née avant les émeutes

L’idée du projet remonte à 2023, bien avant les violences qui ont profondément touché le territoire. À l’origine, il ne s’agissait même pas de produire des chips. Mathieu Odaimy cherchait avant tout à agrandir les activités de son groupe en achetant le terrain voisin de son siège social. Mais la surface disponible ouvre rapidement d’autres perspectives. Ingénieur de formation et déjà impliqué dans plusieurs activités industrielles, il commence alors à réfléchir à un projet capable de créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire. « Je voulais un projet d’ancrage, avec de la valeur ajoutée locale et une vraie logique de filière », explique-t-il. Très vite, un constat s’impose : le marché calédonien consomme environ 300 tonnes de chips par an, dont l’immense majorité est importée, après plusieurs mois de transport maritime. En parallèle, la production locale de pommes de terre commence à se structurer. Entre 2 700 et 2 800 tonnes sont aujourd’hui produites chaque année sur le territoire. Suffisant pour imaginer une filière locale dédiée à la transformation.

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Delphine Escanes

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