Sous haute surveillance

Samedi, la ville était quadrillée par les forces de l’ordre, présentes et rassurantes sans être oppressantes. Malgré deux manifestations XXL en plein Nouméa, avec l’avenue de la victoire comme zone tampon, les débordements redoutés n’ont pas eu lieu.

Jean-Marie Cavier est un commissaire général qui ne reste pas cloîtré dans son bureau. Le patron de la Direction territoriale de la police nationale (DTPN) est plutôt du genre à être en première ligne, pour voir, comprendre, aider, ajuster un dispositif si besoin. Mais se mettre en avant, se lancer des fleurs, très peu pour lui. Ainsi, hier, au moment de dresser le bilan de la veille, journée pas comme les autres, le numéro 1 de la police affichait sa satisfaction, sans tirer la couverture sur lui, s’appliquant au contraire à envelopper, dans les félicitations, toutes les forces de l’ordre présentes.

L’objectif principal de la journée : faire que les deux cortèges, et les personnes qui les composaient, ne se croisent pas. Mission réussie. Les gendarmes mobiles ont joué ce rôle avec efficacité. Eux, comme les autres personnels chargés de sécuriser la ville ce 13 avril, ont agi avec « beaucoup de discernement, beaucoup de doigté ».

Les commerçants ont baissé le rideau samedi, par crainte de tensions.

« Dix interpellations »

Bilan : seulement « dix interpellations », pour autant de placements de garde à vue, un peu pour outrages (surtout envers les gendarmes mobiles), beaucoup pour des ports d’arme (pas à feu), essentiellement sabre, kata et fronde avec cailloux.

Des drapeaux ont continué à être agités une fois la nuit tombée, de nombreux coups de klaxon ont été entendus, mais « à partir de 23h » le « calme » est revenu.

La mission de sécurisation, samedi, était placée sous l’autorité du Haut-commissariat, avec le directeur de la DTPN comme responsable de la conduite des opérations. Au total (policiers nationaux en tenue ou en civil, policiers municipaux, gendarmes mobiles), ce sont un peu plus de 700 forces de l’ordre qui ont été mobilisées. Il y avait par exemple 45 patrouilles de police nationale dans les rues, pour ne rien rater du déroulé de la journée et être en capacité d’intervenir rapidement si besoin.

L’avenue du Maréchal Foch a été fermée à la circulation du matin au soir.

Anthony Fillet

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