Il faut toujours attendre avant de causer. Avant que le vice-président européen Stéphane Séjourné ne prenne la parole, on avait jugé le MoU justement un peu mou, et sans réelle perspective. Évidemment, nous voulions entendre que l’Europe déboulait sur le Caillou avec des investisseurs plein les poches, et des repreneurs d’usine de nickel plein la musette. À l’évidence, ça n’était pas le projet, mais le vice-président a quand même dit une chose importante, à savoir que la Nouvelle-Calédonie était bien dans les tablettes, sinon dans le viseur, de l’Europe. Et ça, ça manquait. L’UE a enfin compris, semble-t-il, tout l’intérêt qu’elle a à ne pas laisser de côté ou pour quantité négligeable, un territoire aussi riche en nickel. Et voilà les projets, non pas qui pleuvent, mais qui posent de sacrés jalons en termes de formation, d’énergie et d’infrastructure. Bref, l’Europe crée une envie et un désir d’Europe pour la Nouvelle-Calédonie. On comprend que les indépendantistes n’aient pas assisté à la séance solennelle de ce lundi, ils n’ont aucune envie d’entendre que l’Union Européenne a des projets pour cette Nouvelle-Calédonie qui par trois fois, a dit non à l’indépendance, l’ancrant ainsi davantage sinon définitivement dans la France et donc dans l’Europe. Toujours est-il qu’un grand pas vient d’être franchi, et voici la Calédonie et l’Europe qui plantent « ensemble les graines d’une nouvelle relation », et c’est bon à prendre.
Lucien Lacombe

