Plus de treize ans après les faits, les époux Solomita et une ancienne fonctionnaire de la province Sud, comparaissent depuis mardi devant le tribunal correctionnel de Nouméa. Tous trois sont jugés dans un dossier de corruption, de favoritisme et d’escroquerie lié aux marchés de rénovation des internats de Bourail et de La Foa. Le préjudice est estimé à plus de 300 millions de francs. Les réquisitions du parquet sont attendues mercredi.
C’est un dossier judiciaire tentaculaire pour un scandale de corruption et de marchés publics truqués. Révélées en exclusivité par La Voix du Caillou, les coulisses du chantier de l’internat de Bourail ont été exposées devant le tribunal correctionnel de Nouméa, après plus d’une décennie passée dans les méandres de la justice. Pour les prévenus, l’heure était enfin venue de s’expliquer face à la justice.
Au premier jour d’audience, mardi, chacun des prévenus s’est défaussé sur l’autre. En jean bleu et haut vert kaki à manches longues, Leila Solomita, 49 ans, comparaît aux côtés de son époux, Pascal Solomita, 50 ans, et de quatre de leurs sociétés. Entre 2009 et 2013, le couple est soupçonné d’avoir bénéficié d’un système organisé de favoritisme dans l’attribution des marchés de travaux des internats de Bourail et de La Foa, en ayant corrompu Marie-Pierre Courtot, 47 ans, alors fonctionnaire de la province Sud et aujourd’hui assistante de direction à la mairie de Dumbéa. La théorie de l’accusation repose sur des pièces précises. Outre une concurrence de façade entre plusieurs entreprises appartenant en réalité au même groupe Solomita et des devis falsifiés, les enquêteurs ont mis au jour un système complexe et parfaitement rodé de « scission artificielle de marchés ». En clair, les commandes auraient été saucissonnées en plusieurs lots d’un montant légèrement inférieur au seuil de huit millions de francs, pour contourner les règles de publicité et de mise en concurrence.
Dans son rapport définitif déposé fin 2016, l’expert judiciaire a ainsi chiffré le montant des travaux fictifs, surfacturés ou abusivement facturés à plus de 300 millions de francs au préjudice de la province Sud, partie civile. L’ordonnance de renvoi retient un préjudice de 308 millions de francs.
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Connectez vous pour y accéder !
Jean-Alexis Gallien-Lamarche

