Pendant quatre ans, une mère de famille, vivant à Païta, a infligé des violences physiques et des humiliations à ses deux enfants mineurs. Le tribunal correctionnel de Nouméa l’a condamnée à douze mois de prison ferme sous bracelet électronique et au retrait de l’exercice de l’autorité parentale.
Des pères despotes, et a fortiori des maris violents, le tribunal correctionnel de Nouméa en voit défiler chaque semaine. L’inverse est plus rare, mais il existe. Lorsque les policiers ouvrent la porte des geôles, une femme de 44 ans fait son apparition dans le box. Depuis deux mois, elle est en détention provisoire au Camp-Est après la révélation d’un huis clos familial où tout le monde souffrait. Elle doit répondre de violences physiques et psychologiques exercées sur ses enfants, de 2022 à 2026. C’est le père des enfants qui avait dénoncé des années de calvaire, dans le cadre d’une séparation et d’un conflit autour de leur garde.
Le président du tribunal reprend les termes de la prévention. Ils sont accablants. Des coups sur le visage et le corps, des cheveux tirés, des menaces avec arme, des jets d’objets, des propos rabaissants et humiliants… Le cadet a vécu dans ce climat de ses 9 à 13 ans. La plus grande était alors âgée de 12 à 16 ans. L’aînée avait expliqué aux enquêteurs que leur mère les caillassait régulièrement, pour un oui ou pour un non. « Elle nous fait peur avec des couteaux. Elle nous pointe avec en nous disant qu’elle va nous tuer. Elle nous frappe souvent. Elle nous tire aussi les cheveux », avait-elle raconté.
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Jean-Alexis Gallien-Lamarche

