Parce qu’il la soupçonnait de lui avoir volé des plants de cannabis dans son jardin, à Poindimié, un homme de 48 ans a commis de graves violences sur sa cousine. Sérieusement blessée et en état de choc, elle a été placée en foyer.
Ce n’est pas la première fois qu’il la suspecte de se servir sans lui demander. Alors, le 8 juillet dernier, lorsque cet homme de 48 ans, habitant de la tribu d’Ometteux, à Poindimié, constate qu’il lui manque encore des plants de cannabis, il voit rouge. Son regard se tourne vers une seule personne : sa cousine. Il n’a pourtant aucun indice, mais il en est persuadé, c’est elle la voleuse.
Le soir même, une partie de la famille organise une coutume pour le départ d’un cousin à l’armée, en Métropole. L’alcool coule et, dans l’esprit du quadragénaire, tout se mélange. La colère monte au fil de la soirée. Sa cousine, elle, est dans son lit, chez elle, à quelques mètres de la fête. Au milieu de la nuit, la porte de sa maison est enfoncée. L’homme se rue dans la chambre de sa cousine avec la ferme intention de lui faire passer un message. « Il voulait me tuer », avait déclaré la victime aux gendarmes. « Il l’a massacrée. Il s’est déchaîné sur son visage. Elle se protégeait avec les mains. Il a tapé si fort avec les poings et les pieds qu’il lui a cassé le bras », raconte, estomaqué, l’avocat de la partie civile, Me Samuel Bernard.
À la barre, le prévenu, jusqu’alors inconnu de la justice, ne conteste pas les violences. « Cela faisait plusieurs fois qu’elle coupait les têtes de mon cannabis. J’avais planté pour une récolte en octobre. Ensuite, je partage avec mes copains de chasse », assume-t-il devant les magistrats, comme si cette accusation, que la victime dément formellement, pouvait légitimer de telles violences. Hospitalisée pour une fracture du bras et « traumatisée », la cousine a ensuite été placée en foyer. Elle n’est toujours pas retournée chez elle.
« Ses regrets sont sincères »
Le procureur Nicolas Kerfridin rappelle au prévenu qu’il est « interdit de se faire justice à soi-même, et encore moins quand il s’agit de stupéfiants ». « Ce dossier de violences a finalement permis la découverte d’une petite production de cannabis », ajoute le parquetier, qui requiert huit mois de prison avec sursis simple. De l’autre côté du prétoire, l’avocate du prévenu, Me Aunoo Douce François-Eloccie, plaide que « jamais on ne pouvait attendre une telle réaction d’un homme de 48 ans qui n’a jamais levé la main sur quiconque ». « Il est devant vous pour la première fois. Ses regrets sont sincères. Il ne posera plus de problème à l’avenir », conclut-elle.
Le tribunal le condamne à huit mois de prison avec sursis simple. Il a interdiction d’entrer en contact avec la victime pendant trois ans.
Légende photo : « Cela faisait plusieurs fois qu’elle coupait les têtes de mon cannabis », a lancé le prévenu à la barre pour expliquer ce déchaînement de violence.
Jean-Alexis Gallien-Lamarche

