Dans un rapport explosif dévoilé lundi, la Chambre territoriale des comptes (CTC) dresse le constat d’un naufrage financier qui pourrait menacer les finances publiques de l’institution provinciale. Engluée dans une gestion catastrophique, sous perfusion d’argent public et privée de tout modèle économique, la Sodil, bras armé de la province des Îles Loyauté, s’effondre. Maintenue artificiellement en vie par des subventions, dont certaines pourraient être jugées non conformes, la société d’économie mixte menace désormais d’entraîner la collectivité dans sa chute. Décryptage.
L’abîme financier était une hypothèse, il est désormais une certitude chiffrée. La Société de développement et d’investissement des îles (Sodil), créée en 1991 à l’initiative de la province des îles Loyauté pour structurer l’économie provinciale, semble prise dans une fuite en avant financière inquiétante. C’est en tout cas le constat accablant dressé au fil d’un rapport explosif de 117 pages dévoilé lundi par la Chambre territoriale des comptes (CTC).
Les magistrats financiers ont ausculté à la loupe les comptes et la gestion, pour les exercices 2020 à 2024, de cette société d’économie mixte qui pourrait devenir une véritable bombe à retardement pour les finances publiques sans « une gouvernance et des relations financières renouvelées ». La structure est tentaculaire : la Sodil, dont l’actionnariat est majoritairement public, détient un portefeuille de 100 filiales et participations, dont seulement 21 % sont consolidées dans ses états financiers. Sous perfusion continue d’argent public, elle fait aujourd’hui figure de géant aux pieds d’argile. Au 31 mars 2024, le total du bilan consolidé net de la Sodil s’établit à 9,7 milliards de francs et le résultat net consolidé à -755,7 millions de francs.
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Jean-Alexis Gallien-Lamarche

