Si l’on pense que nous allons passer les prochains mois comme si de rien n’était et sans que l’on soit mis à contribution, nous ferions une grave erreur de jugement. Si nos élus répètent à l’envie que la situation économique est catastrophique, c’est qu’elle l’est et qu’elle l’est à un point que le vulgum pecus a du mal à imaginer. C’est à tel point catastrophique que même l’aide de l’État pourrait ne pas suffire à nous sortir de l’ornière où nous sommes. Du coup, au vu de l’ampleur de la tâche et des exigences de l’État quant à l’adoption de réformes par la Nouvelle-Calédonie, on peut légitimement se dire que l’on va passer au bassinet. En particulier pour sauver les régimes sociaux que nous ne sommes plus en mesure de financer, cela pourrait donc passer par des hausses de cotisations sociales ou l’allongement du délai de départ à la retraite, ou les deux à la fois et sans doute plus encore. À n’en pas douter, les prochains mois, sinon les prochaines années, vont être difficiles et le président du gouvernement nous pronostiquerait « du sang et des larmes » qu’il serait prudent de le croire. Mais c’est sans doute le prix à payer si l’on veut sauver ce qui peut l’être dans un premier temps, et sauver notre économie dans un second. Cela n’empêchera pas certains de vitupérer et de vociférer, mais ceux-là ont l’habitude…
Lucien Lacombe

