Deux semaines après le scrutin provincial, passage obligatoire pour renouveler l’ensemble des institutions calédoniennes, c’est au tour du Congrès d’écrire un nouveau chapitre. Vendredi matin, les nouveaux membres du boulevard Vauban doivent élire le président, les vice-présidents et les membres de la commission permanente.
Vendredi 10 juillet, il y aura du monde boulevard Vauban. En effet, deux semaines après les élections provinciales, qui ont permis d’élire les 76 représentants des trois provinces, le processus institutionnel suit son cours sur le Caillou. Ainsi, après les élections de Sonia Backes dans le Sud, de Paul Néaoutyine dans le Nord (lire en page 5) et de Mickaël Forrest dans les Îles, c’est au tour des nouveaux membres du Congrès de se réunir pour marquer officiellement le début de la nouvelle mandature. Et cela passe évidemment par les désignations du nouveau président (ou de la nouvelle présidente), des vice-présidents, des membres de la commission permanente. Ces dernières doivent avoir lieu vendredi matin, avant, le lendemain, l’élection, moins clinquante mais néanmoins importante, des membres des treize commissions intérieures et des représentants au sein des organismes extérieurs.
La présidence : qui s’installera au perchoir ?
Qui succèdera à Veylma Falaeo à la présidence du Congrès ? C’est évidemment la question principale. D’autant plus que le suspense demeure après le scrutin provincial qui n’a pas permis de dégager une majorité claire et incontestable : les Loyalistes et le Rassemblement, avec 24 sièges, détiennent tout de même une bonne partie du jeu, devant l’UC-FLNKS (16 sièges), l’UNI-Palika (7 sièges), l’Éveil océanien (4 sièges) et Dynamique autochtone (3 sièges), qui s’alliera très probablement à l’UC-FLNKS. Dans ce contexte, et donc sans surprise, l’Éveil océanien tient toujours les ficelles. Il peut offrir la majorité à un camp plutôt qu’un autre. En 2019, le parti de Milakulo Tukumuli avait ainsi permis à Roch Wamytan de retrouver le perchoir alors qu’en 2024, les tractations avec les Loyalistes et Calédonie ensemble avaient conduit Veylma Falaeo à la présidence. Qu’en sera-t-il cette année ?
La séance publique, qui sera initialement présidée par le doyen présent (Paul Néaoutyine est le plus âgé, devant Basile Citré et Marie-Pierre Goyetche), doit débuter à 9 heures dans l’hémicycle. Après les déclarations de candidatures en ouverture de séance, les 54 élus seront appelés à passer dans l’isoloir pour voter. L’élection du président se tient, en effet, à bulletin secret à la majorité absolue, ou à la majorité relative si celle-ci n’est pas acquise lors des deux premiers tours. « En application de l’article 6 du règlement intérieur, le candidat le plus âgé sera élu en cas d’égalité des voix », rappelle le Congrès.
Le bureau : huit postes de vice-présidents
Après le traditionnel discours du candidat élu, et une première interruption de séance pour permettre un « temps d’expression médiatique », les élus seront de nouveau appelés à se prononcer pour élire l’intégralité du bureau du Congrès, à savoir, dans l’ordre, les huit vice-présidents, les deux secrétaires et enfin les deux questeurs. À la différence de la présidence, cette élection se passe au scrutin de liste à la représentation proportionnelle. Des listes, qui devront être obligatoirement déposées jeudi matin, vingt-quatre heures avant l’élection, et qui devraient donner certaines indications sur les rapprochements et possibles alliances à venir au sein même du boulevard Vauban.
La commission permanente : des sièges toujours scrutés
Le troisième temps fort de cette matinée de vendredi concernera l’élection des membres et du bureau de la commission permanente. Onze sièges, parmi lesquels le président, le vice-président et le secrétaire, sont ainsi à pourvoir. Seuls les groupes politiques pourront déposer des listes jusqu’à jeudi matin alors que l’élection des membres aura lieu à la représentation proportionnelle des groupes d’élus suivant la règle de la plus forte moyenne.
Cette élection des membres de la commission permanente, communément appelée « CP », marquera la fin de cette première partie de séance. La seconde, contrairement aux années passées, aura lieu le lendemain matin. Samedi, les élus du Congrès doivent ainsi désigner les onze membres présents dans les treize commissions intérieures (lire encadré) et les représentants du Congrès au sein des organismes extérieurs.
Les 13 commissions
Les commissions intérieures sont : la commission des finances et du budget ; de la législation et de la règlementation économiques et fiscales, de la législation et de la réglementation générales, de l’organisation administrative et de la fonction publique, des infrastructures publiques de l’aménagement du territoire, du développement durable, de l’énergie, des transports et de la communication ; du travail et de la formation professionnelle, de la santé et de la protection sociale ; des sports ; de l’agriculture et de la pêche ; de l’enseignement et de la culture ; de la législation et de la règlementation relative aux affaires coutumières (seule commission à avoir deux co-présidents) ; des relations extérieures ; des droits de la femme et de la famille. Une commission spéciale, chargée de la refonte du règlement intérieur du Congrès, est également en vigueur
Quid du prochain gouvernement ?
La dernière étape du renouvellement des institutions concerne le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie alors que l’actuel exécutif assure, depuis le 3 juillet, l’expédition des affaires courantes. Conformément à la loi organique, la désignation du nouvel exécutif, par les membres du boulevard Vauban, doit donc avoir lieu dans les vingt-et-un jours suivant la première séance du Congrès. Celle-ci doit donc intervenir, au maximum, le 31 juillet prochain. Ainsi, précision importante, d’ici cette date, un membre du gouvernement sortant peut, s’il a été élu le 28 juin dernier lors des élections provinciales, cumuler son mandat d’élu provincial, d’élu du Congrès et ses fonctions de membre du gouvernement. En revanche, en cas de réélection au sein du 19e gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, ce dernier perdra automatiquement ses mandats à la province et au Congrès.
Légende photo : Près de deux ans après l’élection de Veylma Falaeo, la présidence du Congrès va être remise en jeu vendredi matin.
Claire Gaveau



