6 373, c’est le nombre de voix qu’il faudra atteindre pour espérer participer à la répartition des sièges à l’Assemblée de la province Sud. Autant dire que ça n’est pas une paille, et que s’il y a beaucoup d’appelés, il y aura peu d’élus. Cette élection provinciale dans le Sud revêtira donc un aspect quasi-biblique ! C’est dans ces moments-là que se pose avec plus d’acuité que d’ordinaire, la question du vote utile. Car bien des listes, une grande majorité sans doute, ne franchira pas cette barre, et les voix qu’elles auront draguées n’auront servi à rien. C’est un choix cornélien, que d’avoir à ne pas voter pour une liste que l’on juge sympathique et proposant un programme qui aurait tout lieu d’être intéressant, mais dont on sait pertinemment qu’elle ne réunira pas assez de suffrages pour siéger. Surtout pour ces provinciales dont on espère qu’elles seront bien les dernières de l’accord de Nouméa. Le vote utile en la matière, c’est celui de la constance et de la cohérence, le vote aventureux s’il peut être romantique, n’en est pas moins risqué surtout dans la période où le besoin de majorités fortes et solides ne s’est jamais autant fait sentir. C’est d’ailleurs ce que les Calédoniens en grande majorité, ont exprimé dans leur désir d’union et leur rejet de l’indépendance, au grand dam de la 3e voie.
Nicolas Vignoles



