Le président de la Chambre du commerce et de l’industrie de Nouvelle-Calédonie est entendu par les enquêteurs de la police nationale depuis lundi matin. Sa garde à vue a été prolongée.
L’affaire fait grand bruit. Comme révélé dans notre édition du mardi 29 juillet, David Guyenne, président de la Chambre du commerce et de l’industrie de Nouvelle-Calédonie, est actuellement entendu sous le régime de la garde à vue par les enquêteurs de la direction territoriale de la police nationale (DTPN). Le chef d’entreprise, un membre de sa famille et un troisième mis en cause ont été interpellés à leur domicile lundi à 6 heures du matin, avant d’être conduits au commissariat central.
Le procureur de la République Yves Dupas a confirmé nos informations. Dans un communiqué de presse, il a dévoilé les éléments centraux de ce dossier financier. « Il est notamment reproché aux personnes mises en cause un montage frauduleux visant à organiser le rachat par la SARL L’Édifice (Korail) de parts sociales surévaluées d’une société civile, la SCI Linoa, puis d’opérer une fusion-absorption de ladite SCI pour un montant total estimé à 1 100 000 000 CFP. Il était notamment relevé que la valeur nominale de la part de la SCI Linoa estimée à 1000 CFP entre 2010 et 2013, avait connu une surcote exponentielle atteignant 1 million de CFP en 2017 ».
Une vente « à un prix manifestement majoré »
Cette vente, « à un prix manifestement majoré », se serait révélée « très préjudiciable pour la SARL L’Édifice, en l’absence de tout intérêt économique pour celle-ci, au regard du poids des dettes contractées envers les établissements de crédit ainsi que des dettes en comptes-courants associés, la dégradation de sa situation financière ayant d’ailleurs justifié l’adoption d’un plan de sauvegarde ».
« Ce montage frauduleux reproché permettait essentiellement aux associés de bénéficier d’une inscription au crédit de leurs comptes courants de la dette contractée par la société commerciale, au prorata de leurs détentions de parts sociales, par ailleurs libératoire de toute imposition », poursuit Yves Dupas. Et de conclure : « À la lumière de cette enquête, je tiens à rappeler que la lutte contre la délinquance économique et financière constitue un axe majeur de la politique pénale du parquet de Nouméa, s’agissant des fraudes, des atteintes à la probité comme des détournements de fonds opérés par des décideurs qu’il s’agisse du milieu économique comme de la sphère politique. »
Jean-Alexis Gallien-Lamarche


