Roch Wamytan veut attaquer l’État en justice

Le « grand chef » de Saint-Louis est sorti de son silence au travers d’un communiqué dans lequel il dénonce l’action de l’État à Saint-Louis.

Tout le monde connaît la situation à Saint-Louis : une petite troupe d’émeutiers s’y est installée, y a commis des exactions (notamment contre les édifices religieux de la mission), se livre à des attaques sur la route et s’en prend aux gendarmes, dont l’un, un jeune de 22 ans, a été tué d’un tir dans la tête au mois de mai. En attendant la résorption de ce problème grave de sécurité publique, un dispositif de gendarmerie a depuis un mois été mis en place, surveillant les entrées et sorties de la tribu. Cela dans le but d’empêcher les émeutiers, et le meurtrier présumé du gendarme, de s’enfuir avant d’avoir eu à rendre des comptes.

Évidemment, dans son communiqué, Roch Wamytan ne dénonce ni ne condamne les violences, et il attribue le blocage du Mont-Dore Sud à la gendarmerie. Pour le président du Congrès, « le Haut-commissaire et ses forces intérieures ne reculent devant rien pour restreindre une liberté fondamentale telle que celle d’aller et de venir ; et pour organiser des contrôles d’identité discriminatoires en raison de l’ethnie pour les seuls kanak ». Et dans ces conditions, il annonce que « la grande chefferie a engagé ce jour les procédures devant les tribunaux compétents pour y mettre un terme ».

« La Nouvelle-Calédonie n’est pas la France »

Même s’il est très silencieux depuis le début des émeutes le 13 mai, Roch Wamytan, dont on connaît les accointances politiques avec la CCAT et ses liens familiaux avec certains des insurgés, s’inscrit, avec ce communiqué, dans une logique politique. « Il faut comprendre une fois pour toutes », a-t-il dit récemment dans une interview à Radio New Zealand, « que la Nouvelle-Calédonie n’est pas la France. Nous sommes dans un processus de décolonisation que l’État français doit mener à son terme. »

Comme en écho, le 23 août, dénonçant « la prise en otage de la tribu de Saint-Louis », le bureau politique du FLNKS (animé par le RDO), sous la signature de Laurie Humuni, suppléante d’Omayra Naisseline, dénonçait l’action des forces de l’ordre qui, était-il écrit, « assassinent nos enfants en se protégeant sous le voile de la légitime défense, n’hésitant pas à prétendre que notre population utilise des armes à feu contre eux ». Des propos qui n’engagent bien sûr que le FLNKS.

Nicolas Vignoles

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