EN IMAGES – À Petro-Attiti, cinquante ans d’histoire partis en fumée

Complètement détruit pendant les émeutes, le lycée Petro-Attiti, qui devait fêter son cinquantième anniversaire cette année, ne pourra rouvrir ses portes dans les prochaines semaines. Aucune salle n’a été épargnée alors que des experts tentent actuellement de chiffrer les dégâts.

Que va devenir Petro-Attiti ? Si la question se pose, la réponse est encore impossible à formuler. Dans les couleurs de l’établissement nouméen, situé dans le quartier de Rivière-Salée, la désolation est réelle. Totale même. « A chaque fois que je viens, j’ai un immense pincement au cœur. Pendant deux ou trois semaines, on a d’abord suivi la dégradation et depuis qu’on est revenu, on voit l’outil que c’était et ce qu’il est devenu », avance Jean-Luc Barnier, le proviseur de ce lycée professionnel, la voix serrée et le cœur lourd. Son établissement est dorénavant, un champ de ruines. Entre les vitres explosées, les espaces incendiés, les salles complètement pillées. « Tout a été saccagé méthodiquement. Non seulement les vitres mais aussi tout le matériel pédagogique, les ordinateurs, la salle des professeurs, les photocopieurs, les mannequins qui servaient à la filière des services à la personne », liste le directeur, qui rappelle qu’une commande d’environ vingt millions de francs, destinée à la filière électricité, était notamment arrivée « il y a quelques semaines seulement ».

Une expertise minutieuse

Rien n’a été épargné par les émeutiers. Si l’intervention des forces de l’ordre le 31 mai dernier a permis de reprendre possession du lycée, l’accueil des élèves est tout bonnement impossible. Que ce soit aujourd’hui, la semaine prochaine ou dans les mois à venir. Le lycée Petro-Attiti, qui accueille habituellement 780 élèves, restera fermé au moins « jusqu’à la fin de l’année ». Avant une réouverture à la rentrée 2025 ? « Les journées n’ont que vingt-quatre heures, donc la priorité actuellement, c’est de trouver le moyen de fonctionner pour le court et moyen terme. Des groupes de travail vont ensuite se mettre en place pour voir ce qu’il en sera en 2025. Là, on concentre toutes nos énergies sur l’immédiat, mais très vite on va se mettre à réfléchir sur la suite », poursuit-il, dénonçant une absence « d’humanité chez ceux qui ont fait ces ravages ».

Reste à savoir combien cela va coûter ? Si des premières estimations ont été faites, mais tenues secrètes à l’heure actuelle, une vaste expertise est actuellement en cours. « On est en train de faire l’inventaire et le diagnostic exhaustif de l’ensemble des dégâts, mètre carré par mètre carré. Notre priorité, c’est de sécuriser la zone, de faire ce diagnostique et de récupérer tout ce qui est récupérable pour les autres établissements », explique l’un des quatre experts présents sur place. Un travail qui devrait durer « au moins une semaine ». « Il y a quarante-cinq bâtiments et il nous faut au moins quinze minutes par pièce », détaille-t-il. Une étape obligatoire qui pourrait permettre d’y voir un peu plus clair. « Après cette évaluation, la balle sera dans le camp des décideurs pour savoir ce qu’il adviendra du lycée Petro-Attiti », résume Jean-Luc Barnier.


Que faire des 780 élèves ?

Le choc encaissé, les personnels de l’établissement, accompagnés par les autorités, tentent dorénavant de trouver des solutions pour les 780 élèves habituellement scolarisés dans ce lycée professionnel de Rivière-Salée. « On pourrait avoir trouvé des solutions pour environ 300 élèves », expliquait Jean-Luc Barnier, le proviseur, qui devait avoir une réunion, hier après-midi, avec le vice-rectorat notamment. Ces derniers pourraient notamment être « recasés » dans d’autres établissements professionnels, comme les lycées Jules-Garnier, Do Kamo et Champagnat à Nouméa, mais aussi le lycée Jean XXIII à Païta (le faré a été incendié mais le lycée, toujours sous surveillance, est pour le moment épargné).. « Pour les autres élèves, on voit ce qui est possible. On est à la recherche de bâtiments banalisés, ne serait-ce que pour reprendre contact avec les élèves, assurer l’enseignement général et, si possible, sur Nouméa pour éviter les problèmes de transports », a-t-il poursuivi.

« Inacceptable »

Présente lors de cette visite au lycée Petro-Attiti, Isabelle Champmoreau, vice-présidente du gouvernement en charge notamment de l’enseignement, s’est montrée implacable sur les exactions commises dans les différents écoles, collèges et lycées du Grand Nouméa alors que les élèves de maternelle et du primaire, pour certains, retrouvaient hier le chemin de l’école. « Le fait d’avoir attaqué les établissements scolaires, quelles que soient les idées que l’on défend, c’est quelque chose d’inacceptable, a-t-elle dénoncé. Si l’on devait perdre encore un établissement de cette ampleur, nos possibilités de redéploiement deviendraient quasiment impossibles. »



Claire Gaveau

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