De Nouméa à Koné, une circulation « presque » normale

Aux premiers jours des émeutes, la circulation jusqu’en Brousse était au cœur de nombreuses inquiétudes. Qu’en est-il, un mois après ? L’une de nos journalistes a effectué le trajet de Nouméa jusqu’à Koné, ce samedi. Elle raconte.

J’ai pris la route aux environs de 10 h, ce samedi matin. Destination, Koné. Je ne voulais pas partir trop tard, car on m’avait dit que potentiellement, la durée du trajet allait être plus longue que d’habitude – à raison de une à deux heures de plus -, à cause de barrages situés dans certaines communes.

Du centre-ville jusqu’au col de la Pirogue, je n’ai pas eu besoin de ralentir, car la route était complètement dégagée. A l’entrée de la tribu de Saint-Laurent, en revanche, quelques détritus – pierres et branches principalement, mais rien de très imposant – étaient disposés sur le sol, me forçant quelques fois à me déporter à gauche ou à droite de ma voie. En parallèle, j’ai régulièrement croisé des militaires et gendarmes, en bord de route. Notamment à Tontouta et Boulouparis, où l’état de la chaussée témoigne parfois des troubles survenus certaines nuits sur ces communes.

Très honnêtement, le reste du trajet – du moins jusqu’à Poya – a été très calme, et la circulation fluide. J’en ai presque oublié les événements des dernières semaines, tant la route était similaire à avant la crise. Les personnes ne s’aventurant que très peu en dehors de leur domicile, le trajet était vide d’automobilistes et, par conséquent, plus rapide qu’à l’accoutumée.

Trois barrages à Poya

Arrivée à Poya, j’ai eu affaire à trois barrages. Le premier était situé à la sortie du village, quelques mètres après une succession de tas de branchages. Les hommes situés à ce premier barrage m’ont arrêté pour fouiller ma voiture, et vérifier « qu’il n’y ai pas d’armes ». Si l’atmosphère peut paraître assez impressionnante, les échanges étaient cordiaux, et se sont scellés par un « bonne journée et bonne route ! ». Le passage sur les deux autres barrages (le troisième situé à l’entrée de la tribu de Ouaté et le second entre les deux) était similaires, à la différence près que, ces deux fois, ma voiture n’a pas été fouillée.

Je suis passée sans encombre, et sans attente notoire. Néanmoins, il m’a été transmis que les barrages de Poya fonctionnaient normalement « par horaires ». C’est-à-dire qu’une heure sur deux, le barrage est bloqué.

En définitive, le trajet Nouméa – Koné s’effectue désormais facilement, avec uniquement un arrêt contraint (mais sécurisé) à Poya. Je préfère préciser qu’il ne s’agit que d’un témoignage livré à la suite d’un unique trajet. La situation peut s’avérer différente en fonction des personnes et/ou des heures de la journée.

Quoi qu’il en soit, la situation s’est quand même grandement améliorée.


Et jusqu’à Koumac ?

Dans la même journée, une personne proche a effectué le trajet Pouembout – Koumac. La circulation était fluide jusqu’à Voh où, à l’entrée du village, « j’ai attendu une vingtaine de minutes derrière une file de voitures », m’a-t-elle raconté. Ce, en raison d’un barrage fermé une heure sur deux. A Kaala Gomen, des barrages sont également présents à l’entrée (au niveau de l’entrée de Gamaï) et à la sortie du village. Sur cette commune, le barrage est fermé toutes les trente minutes. Que ce soit à Voh ou à Kaala-Gomen, à chaque fois « le sourire et la politesse étaient au rendez-vous », m’a-t-elle précisé.



Nikita Hoffmann

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