Dissolution !

Le président de la République a provoqué un séisme politique. Dressant le bilan des élections européennes qui en France ont consacré le Rassemblement national, Emmanuel Macron a annoncé la dissolution de l’Assemblée nationale et convoqué des élections législatives.

Ça n’est pas une surprise, c’est un choc qui a stupéfait les Français et les Calédoniens. Ces Européennes, comme les sondages le prédisaient, ont vu la très large victoire du Rassemblement national, loin devant tous ses adversaires, en particulier la liste de la majorité présidentielle qu’il relègue à 15 points. Pour Emmanuel Macron, cette victoire « n’est pas un bon résultat pour les partis qui défendent l’Europe, dont celui de la majorité présidentielle ». Dans une large partie de son allocution présidentielle, le chef de l’État a pourfendu les partis d’extrême-droite. « Pour moi, qui ai toujours considéré qu’une Europe unie, forte, indépendante est bonne pour la France, a-t-il dit, c’est une situation à laquelle je ne peux me résoudre. La montée des nationalistes, des démagogues est un danger pour notre nation, mais aussi pour notre Europe, pour la place de la France en Europe et dans le monde. Et je le dis, alors même que nous venons de célébrer avec le monde entier le Débarquement en Normandie, et alors même que, dans quelques semaines, nous aurons à accueillir le monde pour les Jeux olympiques et paralympiques. Oui, l’extrême droite, c’est à la fois l’appauvrissement des Français et le déclassement de notre pays. Je ne saurai donc, à l’issue de cette journée, faire comme si de rien n’était. À cette situation s’ajoute une fièvre qui s’est emparée ces dernières années du débat public et parlementaire dans notre pays. Un désordre qui, je le sais, vous inquiète, parfois vous choque et auquel je n’entends rien céder ».

« Je dissous l’Assemblée nationale »

Estimant que les défis qui se présentent « exigent la clarté dans nos débats, l’ambition pour le pays et le respect pour chaque Français », Emmanuel Macron entend donc redonner la parole aux Français. « Cette décision, a-t-il déclaré, est grave, lourde, mais c’est avant tout un acte de confiance. Confiance en vous, mes chers compatriotes, en la capacité du peuple français à faire le choix le plus juste pour lui-même et pour les générations futures. Confiance en notre démocratie. Que la parole soit donnée au peuple souverain, rien n’est plus républicain. Cela vaut mieux que tous les arrangements, toutes les solutions précaires. C’est un temps de clarification indispensable. Confiance en la France qui, face à la rudesse des temps, sait toujours s’unir et résister pour dessiner l’avenir et non se replier ou céder à toutes les démagogies ». Les élections législatives auront lieu le 30 juin pour le premier tour et le 7 juillet pour le second.

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