Ce qui ne se dénomme pas

Ce qui ne se dénomme pas a du mal à exister. Or on peine à mettre une appellation sur ce que les Calédoniens subissent depuis le 13 mai.

Crise ? Émeute ? Insurrection ? Chaos ? Guérilla ? Terrorisme ? Ça pourrait être tout ça à la fois, car c’est tout ça à la fois. Cependant, il y a des moments, des faits, des évènements qui pourraient faire penser que ce que nous vivons est bien plus grave que ça.

D’abord les images

Impressionnantes évidemment, guerrières aussi. Celles des destructions, à l’heure où les télévisions diffusent celles de l’Ukraine ou de Gaza, certains seraient tentés d’y trouver quelques similitudes, par leur ampleur d’une part et par la désolation qu’elles expriment. Les images des violences ensuite, celles des émeutiers et des pillages, et dont on comprend qu’elles n’ont rien à voir avec celles des émeutes que la Métropole a pu connaitre dans ses banlieues. Les images de ces villes, de ces routes et de ces rues encombrées de barrages, endommagées, jonchées de carcasses en tous genres et impraticables. Les images de ceux qui chaque jour et chaque nuit protègent comme ils le peuvent leurs maisons, leurs quartiers. Les images aussi des maisons brûlées et pillées, des habitants évacués la nuit par la mer. Il y a les images aussi des Calédoniens patientant sur des files d’attente interminables aux portes des magasins encore ouverts, pour un ravitaillement contraint et mesuré. Les images des Calédoniens bloqués à l’extérieur, inquiets de la situation et de ne pouvoir rentrer, comme les images des touristes étrangers évacués en urgence par leurs armées respectives. Ces images ont fait le tour du monde, portant partout le triste message que dans cette petite île du Pacifique, il se passait quelque chose que les médias pouvaient traiter au même niveau que Gaza ou l’Ukraine.

Un déploiement militaire sans précèdent

On n’a pas souvenir d’un déploiement militaire et de force de l’ordre aussi important organisé sur le territoire national, sauf à remonter 60 ans en arrière. Ce sont plus de 3 500 hommes qui sont aujourd’hui sur place, qu’il s’agisse de gendarmes mobiles, de policiers, de CRS ou de militaires, ainsi ceux du 8ème Régiment Parachutiste d’Infanterie de Marine, en charge des opérations de sécurisation et de maintien de l’ordre. Cela a donné lieu à la mise en place de ce que l’Armée de l’Air et de l’Espace a qualifié de « pont aérien d’une ampleur inédite ». Les renforts ont été envoyés en Calédonie par 20 vols intercontinentaux, ce qui a même conduit à la tenue d’une conférence de presse au ministère des Armées au cours de laquelle, le général Thomas, en charge des opérations de l’Armée de l’Air et de l’Espace, a précisé qu’il s’agissait là d’une « opération aérienne exceptionnelle par sa réactivité, à savoir un pont aérien sous très court préavis, son allonge: une projection à 19 000 km, son rythme soutenu avec 2 décollages par jour, la diversité du fret à acheminer et les conditions logistiques ». Et chez nos confrères de RRB, le patron des FANC, le général Latil confirmait la mobilisation des Forces Armées de Nouvelle-Calédonie, en particulier pour protéger les sites sensibles et apporter une aide aux populations. Depuis le 13 mai, Nouméa et son agglomération sont sillonnées par des hommes en armes et des matériels de dernière génération comme les « Centaures », les nouveaux blindés de la gendarmerie. Cela permet en effet jour après jour, de reprendre le contrôle de la situation, ce que les autorités expliquent dans un vocabulaire martial, annonçant ainsi la « reprise » de Rivière Salée, « dernier quartier de Nouméa qui n’était pas sous contrôle », comme l’a indiqué le ministre Gérald Darmanin, même si on le sait les choses ne sont pas aussi simples. Et puis il y a eu l’état d’urgence, certes non prolongé, mais significatif du caractère exceptionnel et gravissime de la situation. Quelle conclusion tirer de tout ça ? Peut-être qu’à la liste des noms qualifiant la période, faudrait-il y ajouter celui de guerre ?

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