Arrêté pour conduite en état d’ébriété, il termine directement au Camp-Est

Interpellé en état d’ébriété et sans permis de conduire au volant d’une voiture, à Boulouparis, un jeune de 21 ans a été condamné à dix mois de prison ferme. Une peine lourde qui s’explique par le fait qu’il a déjà été condamné en décembre dernier, sans mandat de dépôt, pour avoir provoqué la mort de son cousin dans un accident de la route.

La session improvisée de drift se sera finalement terminée au Camp-Est. Vendredi dernier, la gendarmerie de Boulouparis intervient pour des faits de dérapages sur la voie publique. Après avoir repéré le véhicule, une Ford Fiesta de couleur rouge, ce dernier est intercepté. « Il n’y a pas eu de refus d’obtempérer mais on était clairement à la limite », explique la présidente du tribunal. Et, à l’énonciation des faits, on comprend rapidement pourquoi alors que le conducteur, originaire de la tribu de Ouinané et âgé de seulement 21 ans, roulait sans permis de conduire et en état d’ébriété. Présenté au procureur le lendemain, il a été placé en détention provisoire dans la foulée.

C’est donc en qualité de détenu que le prévenu s’est présenté, dans le box, au tribunal correctionnel de Nouméa, mardi matin, en comparution immédiate. Une procédure disproportionnée ?

« Un avertissement sévère »

La présidente évoque, immédiatement, un « état de récidive légale » alors que le jeune homme a été condamné à quatre ans de prison (dont trois ans avec sursis), le 8 décembre dernier, pour des faits d’homicide involontaire, de vol aggravé et de destruction. En effet, il a été jugé pour avoir volé un véhicule et provoqué un accident ayant entraîné le décès de son cousin en 2021. « Le tribunal n’avait pas ordonné de mandat de dépôt à cette époque. C’était un avertissement sévère », poursuit la présidente. Celui-ci, malheureusement, n’a pas suffi alors que le prévenu a de nouveau été interpellé au volant d’un véhicule après avoir « bu de la bière ». Combien ? « C’était des double-cabines (des 50 cl, NDLR), j’en ai bu cinq. Enfin, trois ou quatre peut-être », confesse l’intéressé, qui est père d’une petite fille de quatorze mois alors que sa compagne est actuellement enceinte de cinq mois. « Il peut arriver que notre client soit notre premier ennemi. Mais je crois, souvent, qu’ils sont surtout leur premier ennemi. Ils peuvent s’autosaboter », regrette son avocate, Me Anne-Lise Lebreton. « C’est un jeune de 21 ans qui est en train de devenir un adulte. Il est déjà père de famille. Cela l’avait fait un peu évoluer, mais pas encore sur tous les terrains. »

« Cela n’a pas fait tilt »

S’il avait arrêté de conduire après l’accident dramatique survenu en 2021, pour lequel il a donc été jugé deux ans plus tard, il a recommencé à prendre le volant « il y a deux mois » après avoir acheté une voiture, en février, qu’il a enregistrée administrativement au nom de sa mère. « Il l’a dit à demi-mot mais cette voiture c’était surtout pour travailler, car ce n’est pas quelqu’un d’oisif. Il avait aussi besoin de se déplacer pour assurer le suivi médical de sa petite fille et le suivi de grossesse de sa compagne », précise la défense, qui concède « une mauvaise décision ». « Cette personne qu’il a tuée, il la connaissait très bien et pourtant, manifestement cela n’a pas fait tilt. Il n’y a aucune réflexion qui se met en place (…) A un moment donné, moi, je dis stop. Je ne peux pas prendre le risque que quelqu’un d’autre se fasse écraser par quelqu’un qui n’a pas le permis, qui a bu et qui partira en délit de fuite derrière parce qu’il n’assumera pas. Quand je vois le choix qui est fait d’acheter un véhicule, je me dis qu’il n’a pas compris la chance qui lui a été donnée. Il faut que cette chance lui soit retirée. Une décision de justice, cela se respecte », avance de son côté Fanny Philibert, la vice-procureur, qui pointe du doigt une certaine « désinvolture » alors qu’il était également jugé pour le vol d’une bouteille d’alcool commis dans une supérette, le 28 mars. Dès lors, elle appelle, dans ses réquisitions, à une peine de « six mois d’emprisonnement, avec maintien en détention, la révocation partielle du sursis probatoire de deux mois et la confiscation du scellé (le véhicule) ». Le tribunal décidera finalement d’une peine de « sept mois d’emprisonnement » en plus d’une « révocation de trois mois du sursis probatoire ». Soit dix mois de prison ferme au total. Une peine à laquelle s’ajoute, sans surprise, la confiscation définitive du véhicule.

Claire Gaveau

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