Un an et demi de prison pour un coup de pied

Il ne faut pas qu’il prenne cela comme une habitude : ces deux deniers mardis, ce jeune majeur les a passés devant le tribunal correctionnel de Nouméa. La première fois, c’était pour des violences sur sa compagne (neuf mois de prison). La deuxième fois, c’est pour un violent coup de pied mal placé, en plein dans la tête d’un homme déjà au sol.

Cela s’est passé vers 1 h du matin, le samedi 2 mars, sur la place des Cocotiers, à Nouméa. La scène a été captée par la vidéosurveillance, vue en direct au centre opérationnel. Des policiers sont arrivés en moins de quatre minutes, portant assistance à la victime, inerte (visage abîmé, traumatisme crânien), et interpellant l’auteur du coup de pied, qui était reparti, comme si de rien n’était, en direction de la boîte de nuit voisine…

« Pas un K.-O. qui a duré trois minutes »

Après enquête, l’histoire est la suivante : la victime, ivre (1,86 gramme par litre de sang), est refoulée de la discothèque par un vigile. Une altercation éclate ensuite avec un mineur (ivre lui aussi et jugé à part), lequel reproche au plus âgé un vol de téléphone. En colère, le mineur court après le jeune adulte, le fait chuter par un coup de pied, puis lui assène cinq coups de pied et autant de coups de poing. C’est là que le prévenu (ivre également), jugé mardi, intervient : voyant le mineur, qu’il connaît, en train de frapper, il arrive et donne à son tour un coup de pied au visage de la victime, qui perd connaissance. « Vous ne cherchez pas à comprendre » la raison de la rixe, « directement vous le mettez K.-O. : ça interroge, monsieur », lui lance la présidente du tribunal. Et pourquoi viser cette partie du corps ? Réponse du prévenu : « sa tête était devant moi ». Agacement de la magistrate : « et vous ne pouvez pas bouger ? » Fanny Philibert, vice-procureur, parle de « faits d’une extrême gravité », et s’adresse au mis en cause : « on ne défonce pas la tête de quelqu’un sans se poser de question ! » Bilan : « ce n’est pas un K.-O. qui a duré trois minutes », car « aujourd’hui c’est tout un côté qui est paralysé » chez la victime, 25 ans, de Yaté, qui n’a aucun souvenir de cette soirée. Le tribunal a condamné l’auteur du dernier coup de pied (qui s’est excusé à la barre) à dix-huit mois de prison, dont quinze mois avec un sursis probatoire pendant une période de deux ans. Les trois mois de prison ferme seront aménagés sous le régime du bracelet électronique. Il devra se soigner et indemniser la victime, laquelle ne s’est jusque-là pas rendue aux expertises médicales.

Anthony Fillet

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