A Saint-Louis, il fonce sur des gendarmes

Le mois dernier, cet habitant du Mont-Dore a volontairement percuté, à plusieurs reprises, un véhicule de la gendarmerie sur la RP1 alors que des militaires étaient en train de porter assistance à une victime. « Ce sont des faits que la population ne comprend plus et qu’il faut réprimer avec la plus grande fermeté », a insisté le procureur.

Promis, dit-il main sur le cœur, « je n’ai rien contre les gendarmes ». Au tribunal correctionnel de Nouméa, vendredi, il fallait faire un effort particulier pour le croire. Car on pouvait légitimement se demander si son serment n’était pas feint au vu des faits qui lui étaient reprochés. Le 23 mars, peu avant 1 h du matin, les gendarmes reçoivent un appel téléphonique d’un automobiliste qui leur signale qu’un homme est allongé au beau milieu de la RP1. Un équipage se rend sur les lieux et porte assistance à ce pauvre homme complètement saoul. Mais le temps de s’en occuper, les deux fonctionnaires remarquent qu’un pick-up sans plaque d’immatriculation leur tourne autour, les nargue et les outrage. « Le conducteur leur a foncé dessus et a percuté le véhicule blindé par l’arrière », constate la présidente du tribunal. Le véhicule fait mine de prendre la fuite à contresens avant de finalement faire demi-tour et de revenir à la charge. Le chauffard pose ensuite un pied à terre et invective les forces de l’ordre, mimant de donner un coup de fusil. Au même moment, des projectiles sont lancés depuis les brousses sur les gendarmes, obligés de se replier.

Alors qu’ils quittent les lieux, « le pick-up va même les prendre en chasse et leur rentrer dedans par l’arrière à plusieurs reprises ». « C’est lui qui poursuit les gendarmes, c’est le monde à l’envers », s’émeut Me Nathalie Lepape, l’avocate de la partie civile. Un épisode de plus dans la longue liste des exactions sur cette route de tous les dangers.

« Ils se sont sentis en danger »

« Vous avez complètement vrillé », déclare la magistrate au prévenu, un père de famille de 49 ans qui renouvelle ses excuses à l’audience. Son avocat, Me Patrick Laubreaux, parle d’un « quiproquo » car son client « a cru que son neveu se faisait embarquer par les gendarmes », reconnaissant que « la traversée de Saint-Louis est plus compliquée que d’habitude avec le dégel du corps électoral et la CCAT ». Au contraire de cette description des faits, Me Lepape rappelle que « les gendarmes se sont sentis en danger et qu’ils ont pensé être pris dans une embuscade bien préparée. Si le conducteur a arrêté de les poursuivre, c’est uniquement parce que son embrayage a lâché. » Le procureur de la République, Richard Dutot, constate que « ça n’en finit plus à Saint-Louis. On ne peut plus tolérer cet engrenage ! Au prétexte qu’il est en colère, il s’en prend aux gendarmes. C’est un roitelet… » Le représentant du ministère public requiert deux ans de prison ferme.

Après délibération du tribunal, le chauffard a été sanctionné d’une peine de trois ans de prison, dont deux ans avec sursis probatoire.

Jean-Alexis Gallien-Lamarche

Fil d'actualité

Coupe de Calédonie : Kunié et Horizon font respecter la hiérarchie

Opposés respectivement à l’Essor Dumbéa (2-0) et au FC...

La voix du Caillou #944

Consultez en ligne l'édition du 29 août 2026 de...

À Apogoti, les fresques de Lulla prennent vie avec les enfants du quartier

Des fresques monumentales sont apparues sur deux façades à...

Newsletter

Inscrivez vous pour recevoir chaque semaine notre newsletter dans votre boîte de réception.

« Construire un avenir commun et apaisé » : Richard Poarairiwa élu au Sénat Coutumier

Le 26e Congrès du pays kanak s’est achevé samedi après-midi, à Nouville, avec la passation de pouvoir entre Ludovic Boula et Richard Poarairiwa à...

Coupe de Calédonie : Kunié et Horizon font respecter la hiérarchie

Opposés respectivement à l’Essor Dumbéa (2-0) et au FC Belep Mont-Dore (4-2), deux équipes de PH Sud, l’AS Kunié et Horizon Sport ont dominé...

La voix du Caillou #944

Consultez en ligne l'édition du 29 août 2026 de votre quotidien "La Voix du Caillou". Notre avenir s'écrit au quotidien…