Rencontre avec… Philippe Mestman

Conscient des grosses difficultés que connait le centre communautaire israélite de Nouméa, son nouveau Président, entouré d’une équipe dynamique, se veut déterminé et optimiste pour que ses fidèles retrouvent une vie associative et cultuelle.

La voix du Caillou : Vous venez d’être élu président de la communauté juive de Nouméa. Pourquoi y a-t-il un nouveau bureau ? 

Philippe Mestman : Après un mandat de cinq ans, l’équipe précédente a décidé de passer la main. Une assemblée générale a sollicité des énergies nouvelles pour relever de nouveaux challenges, notamment celui de réparer la synagogue qui donne des signes de faiblesse au niveau de la structure du bâtiment.

LVDC : Qu’est-ce qui vous a poussé personnellement à vous présenter ? 

PM : C’est simplement l’envie de m’investir dans la communauté juive, dans des actions concrètes. Je suis arrivé sur le territoire il y a 3 ans et j’ai fréquenté la synagogue à l’occasion des fêtes.  J’ai vu que récemment il se passait pas mal de choses, notamment l’arrivée d’un rabbin qui a bien dynamisé la communauté. Puis il y a eu la fermeture de la synagogue, élément déclencheur de ma candidature. Il fallait réagir face à cet événement.

LVDC : Quelle est la situation de la communauté aujourd’hui ?

PM : Financièrement nous sortons de quelques années difficiles en raison du Covid où nous n’avons pas pu nous réunir pendant un certain nombre de moments cultuels très importants. Nous sommes forts d’une diversité de pratiquants : des Calédoniens, des personnes de passage pour quelques mois ou années et des vacanciers. Il faut pouvoir les rassembler, communiquer pour les attirer et les mobiliser autour de nos événements religieux.

LVDC : La synagogue est fermée pour raison de sécurité. Que comptez-vous faire ?

PM : Nous avons un vrai problème structurel puisque la dalle de la salle principale est en train de s’affaisser. Nous avons dans un premier temps sécurisé avec des étais. Cela est apparu insuffisant d’où la fermeture décidée par la mairie fin mai. Nous travaillons pour avoir une vision claire et cohérente du montant des investissements nécessaires pour remettre ce lieu en état, afin de recevoir à nouveau du public et partager nos valeurs. Des devis avec un certain nombre d’entreprises locales sont en cours. Nous avons besoin de l’aide de tous les Calédoniens pour que la seule synagogue de Nouvelle-Calédonie retrouve la lumière. Nous sommes plein d’espoir pour que ce bel édifice puisse accueillir de nouveau du monde afin de partager nos fêtes et traditions, nos valeurs, des conférences et débats. 

LVDC : Quels sont les objectifs de la nouvelle année qui commence ?

PM : Notre priorité numéro 1 est de trouver le financement pour la remise en état de la synagogue. La mobilisation de nos donateurs est vitale. Nous sommes en contact avec le gouvernement afin que les dons soient défiscalisés. Nous désirons aussi avoir un rabbin à temps plein et relancer les activités culturelles et associatives avec des manifestations régulières au centre communautaire. Nous voulons aussi aborder les problèmes sociaux, identifier si nous avons des personnes en difficulté ou en situation de handicap dans notre communauté afin de leur apporter des solutions. Le nouveau bureau et notre rabbin dynamique représentent des atouts pour fédérer à nouveau l’ensemble de la communauté.

LVDC : Comment se présente le prochain mois ?

PM : Nous arrivons sur le mois de Tichri très riche en fêtes. Il est à cheval sur les mois de septembre et octobre. Après le Nouvel An juif, nous aurons Yom Kippour puis Souccoth qui est la fête des cabanes. Ce sont des moments de joie que nous fêterons malheureusement en dehors de la synagogue, dans des salles privées. 

LVDC : Quelles sont vos relations avec les instances et autres communautés de la Nouvelle-Calédonie ?

PM : Nous avons souvent été absents auprès des instances et lors des cérémonies officielles du territoire. Nous serons dorénavant présents pour représenter notre communauté. Nous avons de bonnes relations avec certaines associations chrétiennes qui nous ont d’ailleurs proposé une salle pour nous dépanner et que nous tenons à remercier. De nombreux Mélanésiens assistent à nos fêtes, et participent à leur décoration. Nous avions des relations étroites avec l’aumônerie militaire et la communauté musulmane, mais elles se sont un peu amoindries avec les départs de nos référents mutuels. Nous avons en tout cas l’intention de renouer et développer nos contacts afin de nous rapprocher des autres congrégations. J’ai aussi été très surpris de voir des drapeaux israéliens au format XXL lors de rassemblements sur des pick-up. Je vois beaucoup d’étoiles de David, des tatouages avec des lettres hébraïques, sur les bras de personnes qui ne sont pas forcément juives. Il y a du filon-sémitisme sur le Caillou. 

Propos recueillis par
Thierry Daragon 

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