Soupçons d’emplois fictifs : le procès d’un système frauduleux au service de Calédonie ensemble

Pendant une semaine, Philippe Gomès et l’état-major du parti vont comparaître devant le tribunal correctionnel de Nouméa, accusés d’avoir employé des coutumiers wallisiens à des fins électorales entre 2014 et 2018. Un procès attendu de longue date, qui fait peser sur les cadres de Calédonie ensemble, plus que de la prison, la menace d’une peine d’inéligibilité.

C’est une affaire à hauts risques pour Philippe Gomès dont l’avenir politique pourrait se jouer entre les murs du tribunal correctionnel de Nouméa. À partir de lundi, et jusqu’à vendredi (théoriquement), l’ancien député et fondateur de Calédonie ensemble ainsi que six autres prévenus (dont Philippe Michel, Martine Lagneau, Sutita Sio-Lagadec et Silipeleto Muliakaaka) devront répondre du délit de détournement de fonds publics au cours d’un procès décisif à plus d’un titre. Dans ce dossier d’instruction aussi volumineux que complexe, et dont les accusations sont entièrement contestées par les principaux protagonistes, Philippe Gomès apparaît comme le cerveau d’un système centralisé et frauduleux qui n’avait d’autre but que de s’assurer la poursuite de sa carrière politique.

« Il ressort de l’ensemble des éléments du dossier qu’un vaste système d’emplois fictifs accordés à la communauté wallisienne et futunienne a été mis en place par le parti Calédonie ensemble (CE), système au centre duquel se trouve Philippe Gomès, en s’appuyant sur des membres élus de la présidence de la province Sud (Philippe Michel et Martine Lagneau) et de l’Assemblée de la province Sud. Un nombre conséquent de chefs coutumiers dits ‘’collaborateurs W&F’’ étaient rémunérés par la province Sud et le Congrès comme collaborateurs de cabinet pour des fonctions jamais ou très peu exercées et dont le travail apparaissait orienté vers la prospection de voix électorales » au sein de cette communauté et au bénéfice direct du parti, écrivent les deux juges d’instruction dans leur ordonnance de renvoi, dont La voix du Caillou a pu prendre connaissance en exclusivité.

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Légende photo : Philippe Gomès est soupçonné d’avoir organisé un mécanisme centralisé et frauduleux d’emplois fictifs dans la communauté wallisienne et futunienne à des fins électorales. Les principaux cadres dirigeants du parti, dont Philippe Michel, seront eux aussi jugés.

Jean-Alexis Gallien-Lamarche

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