Rencontre avec… Christopher Gygès

À Paris, en marge des discussions sur l’avenir institutionnel, le gouvernement national a réuni samedi dernier à Bercy les acteurs économiques, politiques et sociaux calédoniens lors d’un forum dédié à l’économie du territoire, « à terre » après les émeutes de mai 2024. Qu’en est-il ressorti ? On fait le point avec Christopher Gygès, membre du gouvernement, en charge notamment de l’économie, du travail et de l’emploi, de l’énergie et du numérique.

LVDC : La conférence économique a donc eu lieu samedi, en présence de Manuel Valls, ministre des Outre-mer et d’Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics. Peut-on dire que l’État est aux côtés de la Nouvelle-Calédonie ?

Christopher Gygès : En tout cas, il l’a dit et répété plusieurs fois. Ce forum économique est positif par plusieurs aspects. Le premier point positif, c’est d’avoir l’État, les collectivités calédoniennes, les groupes politiques du Congrès et les acteurs économiques qui parlent ensemble de la situation et qui partagent les mêmes constats et les mêmes objectifs. Le deuxième point positif, c’est l’annonce de Manuel Valls et d’Amélie de Montchalin selon laquelle l’État serait au rendez-vous, ne laisserait pas tomber la Nouvelle-Calédonie et l’accompagnerait sur l’immédiat, mais aussi sur une transition de modèle. Ça, c’était essentiel. Et le troisième point rassurant, ce sont les annonces sur le sujet des assurances et du financement du chômage partiel et du chômage de droit commun qui ne sont pas encore totalement finalisées, mais qui ont été faites.

LVDC : L’État a quand même posé des conditions à son soutien au territoire, et notamment l’adoption par la Nouvelle-Calédonie de réformes « ambitieuses et robustes ». Or, on l’a vu avec la réforme de la TGC, adoptée dans sa version a minima, il n’est pas toujours simple d’aller au bout de l’exercice en termes de robustesse des réformes…

C.G : La réforme de la TGC promettait une augmentation de la pression fiscale. Là, nous avons des discussions avec l’État depuis quelques semaines sur les prochaines conditions du prêt. D’ailleurs, c’est une excellente nouvelle que les 120 milliards aient été sanctuarisés et accordés dans le cadre du budget de la Nation. Et je crois qu’aujourd’hui on partage plusieurs choses avec l’État. C’est que les réformes doivent nous permettre de baisser nos dépenses publiques. Et là, nous sommes totalement alignés entre les représentants de l’État et nous sur les différentes fusions à mener, sur une réduction de la masse salariale en optimisant mieux les différentes compétences de la Nouvelle-Calédonie, mais également sur des réformes qui changent en profondeur le modèle économique. L’idée de l’État qui est partagée, c’est qu’avant le « 13 mai », on avait déjà un modèle en difficulté et auquel il fallait donner un second souffle. Le « 13 mai » l’a achevé. Et donc maintenant, il faut reconstruire un modèle qui nous permette de recréer de la prospérité et de la richesse économique.

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Propos recueillis par Béryl Ziegler

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