Soupçonné d’une dizaine de cambriolages à Nouméa et recherché pendant des mois par la police nationale, un homme de 28 ans a finalement été placé en détention provisoire par le tribunal correctionnel.
Interpellé après des mois de traque, il avait été placé en garde à vue, puis libéré avant son procès. De nouveau arrêté quelques jours plus tard, il avait été auditionné et, une fois encore, libéré par la justice. Les policiers lui attribuent pourtant une dizaine de cambriolages nocturnes dans le centre-ville de Nouméa et au Quartier-Latin (une clinique vétérinaire, un cabinet d’expert-comptable, la Chambre territoriale des comptes, le lycée Saint-Joseph-de-Cluny ainsi que des magasins).
Une affaire de harcèlement
C’est finalement dans une affaire de harcèlement qu’il a atterri au Camp-Est. Selon les faits exposés par le président du tribunal lors de sa présentation en comparution immédiate, le jeune homme, décrit comme itinérant et particulièrement méfiant, se serait garé quasi quotidiennement devant le logement de sa cousine, entre septembre et octobre, « en lui hurlant dessus plusieurs heures par jour ». À quatre reprises, il aurait aussi escaladé l’immeuble et « tambouriné à sa porte d’entrée ».
« La victime est épouvantée », souligne le magistrat. Comme la loi le lui permet, le prévenu a demandé un délai pour préparer sa défense. Le fond du dossier n’a donc pas été abordé. Déjà condamné à douze reprises, il est sujet, selon l’expertise psychiatrique, à « des bouffées délirantes ». Atteint d’une « psychose dissociative » et d’un « processus schizophrénique », il présente « un profil inquiétant », estime la procureure Isabelle Fuhrer. Me Sophie Devrainne, avocate de la défense, a appelé le tribunal à remettre en liberté son client, « à qui la justice peut faire confiance ». Il y a dix jours pourtant, l’homme avait été libéré sous contrôle judiciaire par le juge des libertés et de la détention dans l’attente de son procès, auquel il ne s’était jamais présenté. Le tribunal a donc ordonné son placement en détention provisoire.
Jean-Alexis Gallien-Lamarche

