Chaque mot compte, chaque personne aussi. Alors que la 8ᵉ édition des Journées nationales d’action contre l’illettrisme (JNAI) s’est ouvert ce lundi 14 septembre sur le Caillou, les acteurs du terrain se mobilisent pour accompagner toutes celles et ceux qui rencontrent des difficultés avec la lecture, l’écriture et le calcul. En immersion au cœur d’un enjeu humain essentiel, état des lieux et actions concrètes d’une mobilisation collective.
Sur les étagères d’un magasin de Nouméa ou devant un guichet administratif à Koné, la scène se répète avec beaucoup de pudeur. Une personne hésite devant un formulaire, plisse les yeux devant une étiquette et dit poliment avoir oublié ses lunettes. Derrière ces réflexes du quotidien, dissimulés par gêne ou timidité, se cache une réalité fréquente : l’illettrisme.
En Nouvelle-Calédonie, l’enquête IVQ de l’ISEE (2013) reste la seule mesure globale auprès des 16-65 ans : elle révélait que 18 % des adultes (soit 29 000 personnes) étaient en situation d’illettrisme. Pour préciser ce constat chez les jeunes, le rapport 2018 de l’Observatoire de la réussite éducative (ORE), basé sur les tests JDC, confirme une proportion identique : 18 % des jeunes de 16 à 25 ans sont en situation d’illettrisme, un taux 3,5 fois supérieur à la Métropole. Au total, un jeune sur trois (33,1 %) rencontre des difficultés de lecture. L’ORE met aussi en avant d’importantes inégalités : le niveau d’études est le facteur le plus discriminant (risques 7 fois plus élevés d’illettrisme pour un niveau collège par rapport au lycée général ou supérieur). Les filles s’en sortent globalement mieux que les garçons, et de fortes disparités géographiques subsistent entre les provinces.
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E.F.

