Après la déclaration de politique générale du président du gouvernement, les réactions convergent sur l’urgence des réformes et la nécessité de passer rapidement aux actes. Élus et représentants du monde économique ont également relevé la méthode annoncée pour les six prochains mois, alors qu’une mission doit se rendre à Paris dans les prochains jours.
« Un discours empreint de vérité et de responsabilité »
Naïa Wateou, cheffe du groupe Loyalistes
Naïa Wateou dit avoir retrouvé dans cette intervention la personnalité du président du gouvernement. Elle évoque « un discours empreint de vérité, de responsabilité aussi » et affirme s’inscrire « pleinement dans cette démarche ». Elle retient également le calendrier fixé sur les six prochains mois et la volonté du président de revenir devant les membres du Congrès pour présenter les premières actions engagées. « Prendre le temps, mais être aussi dans l’action », résume-t-elle à propos de la méthode. Pour l’élue, les dernières années ont rendu difficile la définition d’un cap pour les institutions. Désormais, estime-t-elle, « on n’a plus d’autre décision que de devoir engager » les réformes. Une responsabilité qui concerne « l’ensemble des membres du gouvernement, mais aussi l’ensemble des collectivités et institutions de la Nouvelle-Calédonie. Sans compter le soutien, l’accompagnement de l’État dans le fait de pouvoir accompagner et faire en sorte que la Nouvelle-Calédonie puisse se redresser. »

« Ça passe ou ça casse »
Xavier Rossard, membre du groupe Rassemblement
Pour Xavier Rossard, la déclaration du président constitue avant tout « une déclaration politique d’urgence » et fixe « une feuille de route pour les six prochains mois ». Il affirme partager le constat dressé et assure que le Rassemblement, avec ses partenaires politiques, s’engagera à porter les réformes au Congrès. « Le constat aujourd’hui, ça passe ou ça casse. On est face à un mur », insiste-t-il. Pour l’élu, la priorité est désormais d’engager les réformes « le plus rapidement possible pour le bien-être des Calédoniens ».

« Un discours ancré dans le réel »
Vaimu’a Muliava, élu de l’Éveil océanien
Vaimu’a Muliava retient surtout la volonté du président du gouvernement de ne pas opposer les enjeux économiques et sociaux. Il décrit « un discours à propos, un discours ancré dans le réel », qui cherche à dépasser une opposition entre « ceux qui sont pour l’économie » et « ceux qui sont pour le social ». « Il a rappelé ce chemin-là », souligne-t-il. Un chemin qui consiste à « conjuguer ces deux réalités », l’économie et le social qui « s’auto-alimentent et font pays ». Il estime également que cette approche correspond à la personnalité du président du gouvernement, qu’il décrit comme « un chercheur en mathématiques, un entrepreneur », mais aussi comme « quelqu’un issu des catégories sociales qui ont emprunté, non pas l’ascenseur social, mais l’escalier social ».

« Une réalité qu’on connaît tous »
Omayra Naisseline, membre du groupe Kanaky NC
Omayra Naisseline retient d’abord le constat dressé par le président du gouvernement. « C’est une réalité qu’on connaît tous », estime-t-elle, en évoquant notamment les réformes annoncées à court terme. Elle assure que son groupe restera « attentif » à leur mise en œuvre. Elle souligne également que le discours a porté sur « le quotidien des Calédoniens », tout en faisant apparaître certains signes de redressement. « Il y a quand même des côtés positifs », relève-t-elle. À l’issue de la mission parisienne, elle espère voir le gouvernement et le Congrès s’atteler aux réformes à court terme, puis à celles de moyen et long terme. « C’est une première étape », résume-t-elle, saluant « l’engagement et la prudence » du président du 19e gouvernement. Concernant la mission à Paris, elle précise que Billy Forest représentera le gouvernement alors qu’Emmanuel Tjibaou sera également du voyage en tant que député de la deuxième circonscription. Elle rappelle également la demande portée visant à solliciter l’État pour transformer l’emprunt en subvention.

« Il faut que ça avance »
Cindy Veran, vice-présidente du Medef
Cindy Veran retient notamment la volonté de replacer l’économie et l’emploi parmi les priorités : « C’est remettre l’économie dans les priorités ; l’emploi c’est important, sans emploi il n’y a pas de visibilité. » Elle juge toutefois qu’il est important de « ne pas ajouter trop de charges sur les entreprises qui croulent déjà sous la fiscalité », et indispensable d’aller vite : « ces six mois, c’est bien, mais il faut qu’on place ces réformes rapidement ». Elle assure que le Medef restera disponible pour travailler avec le gouvernement et les partenaires sociaux, tout en rappelant que les travaux devront ensuite trouver une traduction au Congrès. Plusieurs dossiers y sont déjà déposés, souligne-t-elle : « Il faut déjà utiliser ceux-là. On sera présents, avec plaisir, mais il faut que ça avance. »

« On jugera sur les actes »
David Guyenne, président de la CCI
David Guyenne souligne pour sa part la méthode annoncée, selon lui pragmatique. « On jugera sur les actes », prévient-il, mais aussi sur « l’efficacité des réformes et l’ambition des réformes ». Il voit dans le discours la confirmation d’une « politique de petits pas », qui devra être évaluée « mois après mois, réforme après réforme ». Il se félicite également de voir réaffirmée l’idée que la reconstruction de la Nouvelle-Calédonie concerne « l’ensemble des forces vives, des partis et des institutions, quelles qu’elles soient et quelles que soient leurs convictions ». Il espère enfin que « les réformes que le gouvernement entreprendra pour la Nouvelle-Calédonie n’opposeront pas les Calédoniens, ceux qui sont dans la difficulté ou dans la nécessité, aux forces vives, les entreprises, car la Nouvelle-Calédonie a besoin de ces entreprises pour créer de la richesse, pour créer de l’emploi, pour créer des ressources fiscales. Et les entreprises ont besoin des Calédoniens, de tous les Calédoniens, pour consommer, pour travailler, et pour collaborer au développement économique ».

Propos recueillis par I.L.R. et B.Z


