Dans la saga judiciaire calédonienne, l’astiquage tient une place aussi importante que particulière. Jusqu’à un passé récent, cette forme de justice populaire était pratiquée, et sans doute l’est-elle encore loin des regards, ce que n’a d’ailleurs pas nié Ludovic Boula, président descendant du Sénat coutumier invité du JT. Il reconnaissait que cela entrait « dans une manière de faire en tribu », et qu’il fallait connaître cette façon de faire et l’adapter à une société moderne. Et cela embarrasse bien la justice de la République et notre droit pour lesquels l’astiquage demeure une façon de se faire justice soi-même, ce qui n’est pas acceptable. À Païta, il semble que certains, lassés des incivilités, des cambriolages et des vols, aient décidé de passer à l’astiquage de manière plutôt brutale, en se saisissant d’un voleur de voiture présumé et en lui faisant passer l’envie de recommencer. Ce qui aurait provoqué l’indignation des coutumiers de Païta au prétexte que si l’on ne peut se faire justice soi-même, on ne pourrait pas non plus « astiquer soi-même » ! Cette affaire est néanmoins emblématique du climat actuel relatif à la délinquance, contre laquelle les citoyens estiment que la réponse n’est pas appropriée puisqu’elle ne diminue pas et qu’elle est, en règle générale, toujours l’œuvre des mêmes…
Lucien Lacombe

