Ils ne descendront pas de Bourail en Versailles, leur jeune vie s’est achevée sur Nessadiou et près de Fonwhary. Nous avions le cœur et la tête à la fête à la Foire de Bourail, à ces moments où l’on se rassemble, se réunit dans une seule et même identité, et voilà que nous sommes repris par les démons calédoniens qui font que ce week-end festif s’achève, comme tant d’autres avant lui, dans le drame et la peine. Le maire de Bourail a raison, « ça ne s’arrêtera jamais ». Non, ça ne s’arrête jamais en dépit de tous les efforts fournis, y compris en termes de répression. Il y avait des gendarmes sur la route à l’occasion de ce week-end de foire et des interdictions de consommer ou de vendre de l’alcool dans de nombreuses communes. Mais rien n’y fait. Rien n’y fait jamais… Le procureur appelle les organisateurs de festivités à mettre en place des mesures de prévention, « dans l’intérêt général et tout particulièrement du respect de la vie des autres ». On continue à s’enivrer dans de tragiques proportions au prétexte d’une fête ou d’un mariage… Parce qu’en effet, alcoolisés, on meurt et on tue… On nous exhorte à changer nos comportements au volant, et ce depuis tant d’années… C’est le 13e travail d’Hercule, la mission que même Tom Cruise ne peut rendre possible… Et c’est décourageant, parce que jusqu’à quand allons-nous accepter que notre jeunesse meure pour que nous changions enfin ?
Lucien Lacombe

