À Vao, les portes de la mairie resteront closes pendant un mois. Le conseil municipal a décidé de fermer l’ensemble de ses services jusqu’au vendredi 31 juillet inclus, en réaction aux exactions commises dans la nuit du vendredi 26 au samedi 27 juin.
Cette nuit-là, les gendarmes sont intervenus pour un incendie dans un bâtiment de la mairie de Vao, qui devait servir de bureau de vote le lendemain pour les élections provinciales. Sur place, ils ont découvert cinq individus, plutôt jeunes et fortement alcoolisés, qui tentaient d’éteindre les flammes. La situation a rapidement dégénéré : les militaires ont essuyé injures et jets de pierre, tandis que deux véhicules de service ont été endommagés. Un mineur de 17 ans a été interpellé. Le vol de deux drapeaux a également été constaté. Selon le parquet de Nouméa, les auteurs présumés visaient initialement le local occupé par Enercal pour y commettre un vol par effraction, avant d’y mettre le feu, probablement pour effacer leurs traces. L’incendie a ensuite touché, par ricochet, la salle du conseil municipal. Le bureau de vote a finalement été délocalisé au sein de la cantine municipale, en raison de problèmes électriques consécutifs au sinistre.
Des faits « inadmissibles et inqualifiables »
Un bilan qui fait bondir la municipalité. Dans un communiqué signé du maire de la commune, Régis Vendegou, le conseil municipal et l’ensemble des agents « condamnent avec la plus grande fermeté » des faits qu’ils jugent « inadmissibles et inqualifiables ». Au-delà de cet épisode, c’est un climat plus général qui inquiète les élus. La commune ferait face depuis plusieurs mois à « une recrudescence préoccupante des incivilités, des dégradations, des vols et des comportements dangereux », nourrie selon eux par un sentiment d’impunité. Ils ont donc pris les mesures qui s’imposent. La mairie, la halle des sports et le stade Charles-de-Gaulle resteront ainsi fermés au public jusqu’au 31 juillet, précise la municipalité. La cantine scolaire et les transports scolaires sont suspendus sur la même période, et toutes les décisions d’attribution de subventions communales sont gelées. Le conseil municipal en appelle désormais « à la responsabilité des familles, des parents et de l’entourage » des personnes concernées, estimant que la sécurité des agents et la préservation des outils communs « ne sont pas négociables ».
Béryl Ziegler


