Pascal Lafleur : « Ça ne peut pas changer avec les mêmes »

À la tête de la liste « Un Espoir pour demain », Pascal Lafleur, qui assure défendre « une Calédonie française », espère bouleverser l’échiquier politique actuel lors de ces élections provinciales. Accompagné par Joël Kasarhérou, numéro 3 sur la liste, il croit à la victoire.

Pourquoi avez-vous décidé de vous engager dans cette campagne ?

P.L : Je m’étais engagé en 2022, donc ce n’est pas une nouveauté. Je ne le souhaitais plus, mais entre 2022 et 2026, il s’est passé beaucoup de choses. La Nouvelle-Calédonie a connu une descente aux enfers. Les difficultés ne datent pas de 2024, mais elles se sont accentuées, et aujourd’hui, nous considérons qu’il y a urgence. Je ne suis pas en accord avec la politique menée par les élus, pas seulement les non-indépendantistes, mais par tous les élus. Leur discours et leur politique nous ont amenés là où nous sommes.

Joël Kasarhérou, pourquoi avoir rejoint cette liste ?

J.K : Nous avons d’abord essayé de construire une coalition face à une situation que nous jugeons critique, avec une catastrophe économique et probablement humaine, si rien n’est fait. L’idée était de réunir les partis en sacrifiant les ambitions personnelles pour, de manière commune, servir le pays. Mais beaucoup ont voulu être tête de liste et chacun a finalement créé sa liste… De notre point de vue, Pascal était l’homme de la situation. Nous avons alors construit une coalition de personnes issues de la société civile : syndicats, chefs d’entreprise, enseignants… Soit cinquante personnes représentatives de la société calédonienne.

Votre nom renvoie forcément à l’héritage de votre père…

P.L : Il est normal que l’on parle de cet héritage, parce que nous avons le même nom. Je ne le renie pas. Mais ce que je défends surtout, c’est un geste symbolique : la poignée de main. C’est cette philosophie, cet état d’esprit, que je veux porter. Je ne regarde pas en arrière, je regarde devant. Je m’inspire de cet esprit de respect, d’inclusion, de dialogue et de construction.

Vous mettez d’ailleurs souvent en avant la notion de dignité…

P.L : Oui. Il y a d’abord l’exemplarité des élus, qui n’est pas forcément aujourd’hui une caractéristique de la vie publique. Puis il y a la dignité de la population, qui vit parfois dans des conditions indignes. Des gens n’ont plus les moyens de se nourrir correctement, les fins de mois deviennent de plus en plus difficiles. Il y a aussi la dignité de la Nouvelle-Calédonie. Aujourd’hui, nos élus donnent l’image de personnes qui tendent sans arrêt la main pour obtenir de l’argent. Mais qu’a-t-on fait de cet argent ? Globalement, c’est un échec.

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Légende photo : Pascal Lafleur et Joël Kasarhérou. ©ILR

Propos recueillis par Ide de La Rochebrochard 

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