« Le débat judiciaire n’est pas clos »

Christian Tein a commenté la décision des juges d’instruction de Paris de prononcer un non-lieu dans l’affaire pour laquelle il était mis en examen pour plusieurs chefs d’accusation, mais il n’est pas le seul à s’exprimer sur cette décision.

En effet, le Procureur de la République, Yves Dupas, a également donné son avis, il était l’invité ce mercredi de nos confrères de Radio Rythme Bleu. Si ses fonctions ne lui permettaient pas de commenter cette décision des juges d’instruction, il souhaitait néanmoins apporter des précisions. Et tout d’abord que « le débat judiciaire n’est pas clos »,  Yves Dupas a en effet rappelé que le parquet de Paris avait fait appel de cette décision des juges, aussi, « c’est désormais la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris qui va examiner ce dossier, qui va disposer de la position du parquet de Paris à travers son réquisitoire définitif ». Et par ailleurs, Yves Dupas déclare comprendre « parfaitement les attentes d’une grande majorité de Calédoniens sur la justice, les besoins de justice par rapport à cette période qui a beaucoup marqué, qui a beaucoup meurtri ».

Un procureur qui assume

Yves Dupas, de même que le Haut-Commissaire de l’époque Louis Le Franc, ont fait l’objet de nombreuses critiques, mais aussi de menaces. Le procureur de la République assume d’avoir fait son travail au travers de l’enquête visant les commanditaires de la CCAT.  « J’ai pleinement assumé mes responsabilités, je n’ai pas à m’en excuser, a-t-il déclaré sur RRB. J’ai apprécié effectivement la situation et les éléments communiqués, notamment dans son signalement par le Haut-commissaire de la République. En tout cas, la justice a un devoir, c’est de ne pas simplement atteindre les exécutants dans ce type d’exactions, la justice a le devoir aussi de frapper les donneurs d’ordres, et l’ouverture d’une enquête visant les commanditaires de ces exactions était tout à fait légitime. Et il n’y a que les idéologues aujourd’hui, les donneurs de leçons qui prétendent que le parquet a outrepassé ses attributions ou ses missions. Donc la recherche de tous les niveaux de responsabilité, y compris supérieure, était impérative, et c’est le sens, en tout cas, de ma responsabilité pleinement assumée à cette période difficile. Et c’est l’idée de la justice que l’on peut se faire. Ce serait trop facile, trop facile, et tellement injuste de se limiter à la répression des exécutants, il faut s’intéresser au niveau de responsabilité supérieure, j’allais dire un peu dans tous les domaines, d’ailleurs ».

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