« La Conférence des bâtonniers refuse que la Nouvelle-Calédonie soit un territoire oublié de la République »

En déplacement sur le territoire, le nouveau président de la Conférence des bâtonniers, Me Christophe Bayle, a rencontré les avocats calédoniens et les autorités judiciaires, dans un contexte tendu, sur fond de réforme contestée de la justice criminelle portée par le ministre de la Justice. Porte-parole des bâtonniers de province et d’Outre-mer, il détaille ses priorités pour son mandat et ses ambitions pour la profession.

LVDC : Pouvez-vous expliquer le rôle de la Conférence des bâtonniers dont vous êtes le président depuis janvier ?

La Conférence des bâtonniers est une grande institution fondée en 1902. Elle fédère 163 barreaux de province (hors Paris), soit près de 45 000 avocats. Notre ADN, c’est la défense des territoires et le maillage territorial indispensable, garant de l’accès au droit et au juge en tous lieux. La conférence défend l’indépendance des avocats, forme les bâtonniers et les membres des conseils de l’ordre, les informe sur les projets législatifs et réglementaires en cours, les accompagne dans l’exercice quotidien de leurs missions, élabore des propositions pour favoriser l’accès à la justice et est en contact direct avec les plus hautes représentations politiques. L’idée est également d’incarner un contre pouvoir, car nous pouvons imaginer qu’en 2027, un gouvernement illibéral, voire autoritaire, s’impose. Ce serait aussi une manière d’y résister.

LVDC : Il est rare que le président de la Conférence des bâtonniers se rende sur le territoire. Quel était l’objet de votre venue ?

La délégation était composée de cinq membres. Nous voulions avant tout rencontrer le barreau de Nouméa et son bâtonnier, Me Barbara Cauchois, échanger avec les autorités judiciaires, mais aussi avec les institutions politiques, comme la présidente du Congrès de Nouvelle-Calédonie et le président du Sénat coutumier. Nous avons échangé et convenu qu’il y avait des problématiques importantes à régler, comme l’accès au droit à Wallis-et-Futuna, par exemple.

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« Le Camp-Est est devenu une usine à récidive. L’État ne met pas les moyens nécessaires », dénonce Me Christophe Bayle, qui est allé à la rencontre des autorités judiciaires et institutionnelles du territoire. ©P.Cabaret 

Jean-Alexis Gallien-Lamarche

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